Médias/Télé

ENTRETIEN

Pierre-Paul Vander Sande, administrateur délégué de la Régie Media Belge (RMB), a clôturé jeudi la série d'auditions organisées par la commission Culture et Audiovisuel du parlement de la Communauté française. La RMB dont 51 pc du capital sont aux mains de la RTBF commercialise les écrans publicitaires de l'entreprise du boulevard Reyers depuis la fin des années 1980. Nous avons interrogé celui qui génère près de 25 pc des recettes de la RTBF et indispose pas mal de personnes (à l'intérieur comme à l'extérieur de la RTBF).

Vous avez pris soin, lors de votre audition, de couper les ailes à différents «canards». On a raconté tellement de bêtises lors des débats sur la RMB et ses relations avec la RTBF?

Il ne s'agit pas que des auditions Depuis que la RMB existe, il y a un nombre de fausses affirmations colportées à notre égard. Mon souhait était de rectifier les choses.

Quelles sont ces fausses affirmations?

Il y en a deux principales. Un: faire porter, à la RMB, la responsabilité de décisions en matière de programmation de la RTBF. C'est un type d'affirmation qui émane souvent de l'intérieur de la RTBF, à savoir de gens qui à juste titre ou non estiment avoir été maltraités. Soit parce qu'on les a empêchés de réaliser un projet d'émission, soit qu'on ait supprimé leur émission. La RMB joue alors le rôle de bouc émissaire idéal: c'est la faute à l'audience et à la pub! Deux: la RMB utiliserait la RTBF pour faire fortune ailleurs C'est une profonde méconnaissance de la réalité économique dans laquelle nous évoluons.

Lors de son audition, le ministre de l'Audiovisuel, Richard Miller, s'est demandé si le projet de «télé du matin» à la RTBF ne répondait pas avant tout à des considérations publicitaires.

Je peux vous assurer que nous n'avons jamais été consultés sur ce projet. Il n'y a aucune considération commerciale derrière la «télé du matin». Mais si la RTBF le fait, elle devra avoir les reins solides car le projet ne générera pas de revenus significatifs avant plusieurs années.

L'actuel contrat de gestion impose un certain nombre de limitations à la RTBF en matière de publicité. Sont-elles une entrave à son développement, eu égard à la stagnation de la dotation publique?

Il faut faire la distinction entre les limitations qui sont liées à la protection de l'essence même du service public et les autres. Les premières sont, pour moi, acceptées depuis le premier jour où je vends de la pub pour la RTBF. Là où je réagis plus, c'est lorsqu'on fait face à une certaine incohérence. C'est notamment le cas avec la pub pour les médicaments (ndlr: interdite pour la RTBF TV, mais pas en radio).

Faut-il faire sauter le verrou des 25 pc (ndlr: maximum de recettes publicitaires par rapport aux recettes totales de la RTBF) ?

Je ne suis pas demandeur.

La télévision publique flamande, la VRT, ne recourt pas à la publicité. Elle va pourtant très bien

Les deux univers ne sont pas comparables. Avec son monopole publicitaire sur le terrain de la radio et un sponsoring TV très cher et très demandé, la VRT se retrouve en fait avec des revenus publicitaires qui ne sont pas éloignés des moyens générés par la RTBF. Par ailleurs, la VRT bénéficie d'une dotation publique qui frise les 10 milliards.

Pour dégager de nouveaux moyens, la RTBF doit-elle céder sa participation dans le capital de RMBI (filiale de la RMB active dans 17 pays européens) ?

La question doit être posée à la RTBF, pas à celui qui a oeuvré à la création et au développement de ce réseau européen.

© La Libre Belgique 2001