Si l’acteur a parfois l’impression de tourner en rond après 10 saisons, sa série fait toujours un carton Camping Paradis  

Laurent Ournac avoue avec le sourire avoir parfois l’impression de tourner en rond dans Camping Paradis. Un peu comme Mimie Mathy dans Joséphine Ange gardien. Les décors sont les mêmes, les ressorts des intrigues se ressemblent, les acteurs ne changent pas des masses d’un épisode à l’autre et le succès d’audience ne se dément pas.

"Par moments, j’ai l’impression d’avoir joué les mêmes scènes et d’être confronté à des situations identiques, alors que les épisodes sont nouveaux. Donc, oui, il y a quelque chose de routinier, mais ce n’est pas péjoratif", témoigne celui qui a percé à la télé grâce à un rôle de prétendant mal élevé piégeant sa promise dans la téléréalité Mon incroyable fiancé.

En même temps, Laurent Ournac, malgré son indéniable capital sympathie, n’a pas marqué les esprits dans le rôle de l’animateur de Danse avec les stars. Alors il n’a pas le mauvais goût de se plaindre de son décor paradisiaque et de son éternelle chemise bleue : le public francophone l’adore ! Et son cachet d’acteur, reversé à chaque rediffusion française d’un épisode, doit faire pencher la balance lorsqu’il s’agit de rempiler saison après saison.

Camping Paradis offre à peu près la même bulle aux téléspectateurs que Joséphine Ange Gardien : une télévision feel good, familiale, accessible à tous, pas anxiogène pour un sou et parfois même avec une bonne vanne !

De la télévision feel good. Un contenu sans prise de tête, qui soustrait le téléspectateur à ses soucis et permet de switcher le cerveau sur le mode off. Ce que Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, avait appelé du "temps de cerveau humain disponible" pour les annonceurs.

En même temps, on aurait tort de lui jeter la pierre, à Camping paradis. La série fait vivre son lot de comédiens français, parfois même belges, nous offre une soirée de fictions policières en moins sur la semaine et permet aux scénaristes de s’éclater à inviter les comédiens d’autres séries françaises. Comme Mimie Maty dimanche dernier.

Pour sortir de sa prison dorée, reste à Laurent Ournac de prouver qu’on peut lui confier un autre emploi que le bon copain affable. À l’aube de ses 40 ans, il est encore temps.