Le dessinateur Luz a décidé de quitter l'hebdomadaire Les Inrockuptibles auquel il collaborait depuis huit ans, s'estimant «censuré» pour un dessin refusé mettant en scène un téléchargeur de musique et Pascal Nègre, PDG d'Universal Musique France. «Suite à la censure, la semaine dernière, d'un dessin, je quitte les Inrocks. Sans colère, mais avec beaucoup de dépit et une profonde tristesse», explique Luz, collaborateur également de Charlie Hebdo et Magic. Dans le dessin controversé, intitulé «le cas de conscience des amateurs de peer-to-peer», un homme pianote sur son ordinateur. A sa droite, un petit ange au visage de Pascal Nègre, grimaçant, dit: «Télécharge légalement ou c'est les tribunaux». A sa gauche, un petit démon susurre à son oreille «télécharge illégalement et tu fais chier Pascal Nègre». «Cela n'attaque pas Universal, mais Pascal Nègre en tant que personne autoproclamée défenseur des libertés publiques concernant le peer-to-peer» (échange de fichiers d'ordinateur à ordinateur, NdlR), a expliqué Luz à l'AFP.

Se disant «personnellement très touché» en raison «de longues années de collaboration avec les lecteurs des Inrocks», Luz indique que «même s'il y a eu des discussions sur d'autres dessins quelquefois pas passés, on n'avait jamais été sur un terrain aussi politique». «Toucher Pascal Nègre, c'est toucher Universal, toucher les liens économiques qu'on peut avoir avec Universal», a affirmé Luz. Christian Fevret, directeur de la rédaction des Inrockuptibles, interrogé par l'AFP, affirme avoir «toujours fait en sorte que Luz ait une liberté d'opinion totale et n'intervenir que lorsque ses dessins ne sont pas assez pertinents». M. Fevret avait des «réserves» sur ce dessin, car «les gens qui n'étaient pas au courant de l'affaire ne pouvaient pas comprendre le dessin» et sur «l'attaque personnelle de Pascal Nègre».

© La Libre Belgique 2005