Le tribunal de première instance de Namur a interdit provisoirement, ce mercredi, au nouveau magazine trimestriel d'enquêtes et de récits Médor de poursuivre la diffusion d'un article consacré à Mithra, après une requête unilatérale en référé introduite par la société pharmaceutique liégeoise. A la suite de cette requête, la justice namuroise a interdit provisoirement à Médor "de publier et de diffuser (en ce compris de maintenir cette publication et cette diffusion) l'article 'Le risque financier que Mithra n'a pas déclaré à la FSMA' et tout article ayant un contenu essentiellement similaire", expliquent jeudi les responsables de Médor.

Cet article avait été publié sur le site internet du magazine jeudi dernier.

"Si Médor ne respectait pas l'interdiction, le magazine serait tenu de payer 12.000 euros par jour et par infraction constatée, ce qui signerait immédiatement son arrêt de mort", ajoutent les responsables de la publication en dénonçant une "décision judiciaire scandaleuse et exceptionnellement rare dans les annales de la presse belge".

"Prononcée au nom d'une soi-disant 'extrême urgence et absolue nécessité', cette interdiction ne vise pas seulement l'article publié en ligne le 12 novembre et aujourd'hui retiré, mais aussi la sortie du numéro un du magazine papier en librairie, ce qui cause un préjudice énorme au magazine Médor, à ses collaborateurs et à la liberté de la presse", poursuivent-ils.

Un constat partagé par l'Association des journalistes professionnels (AJP) qui s'est dite "scandalisée" par cette décision judiciaire. "L'AJP ne peut admettre qu'un juge fasse droit à ce genre de requête qui exclut le débat contradictoire alors que sont en jeu les principes fondamentaux de la liberté de presse et du droit pour le public d'être informé sur des éléments d'intérêt général", réagit-elle dans un communiqué.

"Il n'est pas pensable qu'une firme pharmaceutique wallonne, soutenue depuis sa création par les pouvoirs publics, puisse activer à sa guise une censure de presse au terme d'une procédure expéditive jusqu'à présent très exceptionnelle dans notre pays", renchérit l'association professionnelle.

Une audience contradictoire en référé se tiendra le 24 novembre après-midi au tribunal de première instance de Namur.

"Mithra n'a pas censuré Médor", affirme l'entreprise

L'article contesté par Mithra "portait des accusations extrêmement graves et inexactes", conduisant le jour-même, soit jeudi dernier, l'entreprise à mettre Médor et l'auteur de l'article en demeure de le retirer du site internet où il avait été publié. Le lendemain, le magazine a déclaré maintenir l'information sur son site internet, affirme Mithra qui assure avoir réitéré sa demande le 16 novembre. 

"Cette seconde mise en demeure n'a pas été suivie de réaction de la part de Médor. Mithra Pharmaceuticals a donc été contrainte d'introduire une requête unilatérale le 17 novembre en vue d'interdire d'urgence, temporairement et dans l'attente d'une décision contradictoire, la publication ou la diffusion de l'article litigieux, sous quelque forme que ce soit, sous peine d'une astreinte de 500 euros par heure de retard et par infraction", précise l'entreprise liégeoise. 

"Le caractère extrêmement grave et inexact des accusations contenues dans l'article ainsi que ses conséquences particulièrement dommageables pour une entreprise cotée telle que Mithra Pharmaceuticals justifiaient une telle mesure, les cours et les tribunaux n'accordant d'ailleurs celle-ci qu'avec la plus grande circonspection", poursuit-elle en affirmant enfin "ne pas vouloir esquiver le débat contradictoire". 

Le tribunal de première instance de Namur a interdit provisoirement, hier/mercredi, au nouveau magazine trimestriel d'enquêtes et de récits Médor de poursuivre la diffusion d'un article consacré à Mithra, après une requête unilatérale en référé introduite par la société pharmaceutique liégeoise. Une audience contradictoire en référé se tiendra le 24 novembre après-midi au tribunal de première instance de Namur.