Le documentaire "Prévert, paroles inattendues", à voir ce mardi 17 octobre sur France 2, à 23h15.

Au Théâtre des Bouffes du Nord, Camélia Jordana, Babx, Cyril Mokaïesh, Gaël Giraudeau ou Raphaëlle Lannadère chantent Prévert.

Cette jeune génération d’artistes se reconnaît dans la liberté, la fantaisie, la sensibilité, la tendresse du poète. Dans sa colère et son engagement aussi, aux côtés du peuple, à qui il s’adressait à la fois avec génie et simplicité.

Jacques Prévert le touche-à-tout, décédé à l’âge de 77 ans le 9 avril 1977, laisse un héritage polymorphe : littérature, cinéma (scénarios et dialogues de films), musique (paroles de chansons), arts plastiques (collages), théâtre engagé, etc.

Pour redécouvrir son univers, qui n’aurait aucun mal à séduire le grand public s’il débarquait aujourd’hui, Claire Davanture et Philippe Béziat proposent une déambulation dans Paris. Sur les traces du poète, qui y vécut dès l’âge de sept ans, dans un deux pièces modeste de la rue de Vaugirard.

Il y eut aussi le quartier Saint-Sulpice, où Prévert partage une petite maison avec ses amis, le peintre Yves Tanguy et l’éditeur Marcel Duhamel, et leurs épouses. Ou la cité Véron, dont le toit-terrasse domine le Moulin Rouge, où il fut le voisin de Boris Vian et vécut jusqu’en 1975, avant de s’installer dans le Cotentin jusqu’à sa mort.

Créativité à l’image

La narration se révèle extrêmement riche. Tantôt dans un habile montage, des photos, des extraits d’interviews de Prévert et d’autres images d’archives se superposent aux murs de Paris. Tantôt les auteurs du documentaire se servent des créations actuelles d’artistes de rue pour inscrire la poésie de Prévert dans la ville.

Le slameur Nevché prend aussi le relais pour mettre en musique les paroles de l’auteur et souligner la musicalité de l’écriture qui se dessine "au rythme de la marche". Comme un langage parlé, affranchi des carcans de la poésie. "Prévert m’a apporté cette part de rêve, mais aussi cette part de colère froide dont j’avais besoin", témoigne Désiré Kacouchia, chargé de développement de projets à la Croix-Rouge.

On pénètre aussi dans une classe primaire, où une élève récite "Le Cancre". Là où Prévert s’ennuya ferme, attendant avec impatience 16 heures pour retrouver la liberté de la rue et des Jardins du Luxembourg. Des extraits de la série d’animation "En sortant de l’école" viennent enfin enrichir le récit. Qui fait la part belle aux mots de Prévert, à son imaginaire, à son audace.