Le patron de AB 3 parle... Enfin!

PAR PIERRE-FRANÇOIS LOVENS Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

ENTRETIEN

La chaîne de télévision AB 3 a une semaine. Une existence trop courte pour tirer un premier bilan. Vendredi, l'état-major de AB 3 était réuni au grand complet à Bruxelles pour officialiser - en présence du ministre-Président Hasquin, du ministre Miller, de hauts responsables de la RTBF et de la RMB, etc.- la naissance de la chaîne. Et pour la première fois, son président et administrateur délégué, le parisien Alain Krzentowski, a accepté de s'exprimer. Un événement en soi...

AB3, une de trop ?
L'arrivée d'une troisième chaîne dans le paysage audiovisuel répond-elle à une nécessité pour vous, téléspectateur ?
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Avec Claude Berda, patron du groupe AB, vous avez pris pied dans le projet AB 3 en juillet dernier. Pourtant, en plus de trois mois, vous avez toujours refusé de vous exprimer. Pourquoi ce long silence?

Nous n'avions tout simplement pas énormément de choses à dire. Même si la convention avec la Communauté française avait déjà été signée en avril, et si les autorisations existaient, des points restaient pendants. Une condition importante résidait notamment dans l'acquisition d'un pylône près de Tournai qui doit nous permettre d'émettre nos programmes vers le nord de la France. Il sera opérationnel dans deux mois.

Durant ces trois mois de silence, les attaques à votre égard - dont celles de RTL-TVI (lire ci-contre) - ont été parfois virulentes. Une suspicion est également née à l'égard de votre présence (via WB Television), et de celle d'AB, dans le projet...

On a vécu tout ça paisiblement.

Vous dérangez, non?

Pas les téléspectateurs, en tout cas, puisque dès l'ouverture de la chaîne, ils sont là. Et plutôt plus rapidement que nous l'avions imaginé. Après seulement une semaine d'activité, AB 3 en est à plus de 30 pc d'initialisation (NdlR: nombre de foyers connectés). C'est spectaculaire. Par ailleurs, on atteint des taux d'audience, sur la tranche qui nous intéresse (NdlR: 15-35 ans), largement supérieurs à 6 pc. Ce qui, là aussi, est inattendu.

Il a été dit qu'AB 3 visait, à terme, une part de 10 pc.

Nous n'avons jamais avancé un tel chiffre. Si on dépasse la barre des 5 pc, ce serait déjà très bien.

Comment expliquez-vous l'agressivité de RTL-TVI à votre égard?

(Sur un ton ironique) Nous ne pouvons que les remercier pour leur campagne promotionnelle.

Avec quelles ambitions débarquez-vous en Communauté française de Belgique?

Faire notre travail, tranquillement. On nous a reproché de ne pas avoir fait d'étude de marché, ni d'avoir sondé le marché publicitaire... L'agressivité de la concurrence, dont vous faisiez état à l'instant, a en fait suffi pour démontrer qu'il y avait de la place pour AB 3. Cela étant, nous sommes en pourparlers avancés avec une régie (NdlR: la RMB, régie de la RTBF, avec laquelle un accord devrait être signé dans les tout prochains jours). Nous irons alors à la rencontre des annonceurs.

Vous vous donnez combien de temps pour mettre AB 3 sur des rails solides?

Nous sommes en train d'affiner un «business plan». Mais vous savez que, dans le climat actuel, les prévisions de recettes sont très difficiles à établir. Ce que l'on connaît, en revanche, ce sont nos dépenses...

Vous allez perdre pas mal d'argent?

Nous allons investir. Mais je ne connais aucune chaîne de télévision n'ayant pas dû investir pendant au moins trois ans avant d'arriver à l'équilibre financier. Si on respecte ce délai, je serai ravi. On tâchera de faire mieux.

© La Libre Belgique 2001

PAR PIERRE-FRANÇOIS LOVENS

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