**Hemingway & Gellhorn

Téléfilm. Be Ciné, 14h30.

En mai dernier, le Festival de Cannes présentait, hors compétition, le dernier film du réalisateur américain Philip Kaufman. Film ou plutôt téléfilm. Malgré son casting impressionnant (où, aux côtés du très glamour couple Nicole Kidman-Clive Owen, on croise Robert Duval, Molly Parker, Parker Posey, Tony Shalhoub ou encore David Strathairn), "Hemingway & Gellhorn" est en effet une production de prestige d’HBO pour le petit écran.

Le film retrace la rencontre explosive entre le romancier Ernest Hemingway et la jeune Martha Gellhorn, qui se rêve écrivain et deviendra l’un des plus grands correspondants de guerre. Formée par son mentor durant la guerre d’Espagne, elle sera la première journaliste lors du Débarquement de Normandie en 1944, avant de couvrir les principaux conflits de la seconde moitié du XXe siècle.

On retrouve ici l’amour de Kaufman pour la littérature. Il avait ainsi déjà adapté Anaïs Nin dans "Henry and June" en 1990, transposé "L’Irrésistible Légèreté de l’être" de Milan Kundera sur grand écran en 1988 et proposé dans "Quills, la plume et le sang" en 2004 un portait du marquis de Sade. Comme son héros Hemingway, Kaufman se fait une haute idée du rôle de l’écrivain. Un peu trop haute parfois, au risque que, retranscrites en dialogues, quelques citations de l’illustre auteur du "Vieil homme et la mer" et de "Pour qui sonne le glas" n’apparaissent grandiloquentes. Tandis qu’en plaçant ses deux héros sur un piédestal, Kaufman frôle parfois l’hagiographie, voire le ridicule.

Pourtant, le film est parcouru par un souffle de liberté, un appel à la résistance et à l’engagement toujours salutaire. Tandis qu’on s’amuse de retrouver aussi le goût de l’aventure de Kaufman. Ce n’est pas pour rien qu’il fut le scénariste des "Aventuriers de l’arche perdue" et de "La Dernière Croisade". Son impétueux Hemingway a en effet un petit côté Indiana Jones, toujours prêt à partir pour défendre ses idées et trouver la matière pour son prochain livre, son prochain film

Pour replacer ses deux stars - l’alchimie entre Nicole Kidman et Clive Owen fonctionne à merveille - dans le contexte historique, Kaufman a, comme dans "L’Insoutenable Légèreté de l’être", recours à de nombreuses images d’archives. Et il va jusqu’à intégrer ses personnages dans ces images ou à recréer de fausses archives. Le procédé est intéressant et fonctionne souvent bien ; on regrette cependant son systématisme. D’autant que, production télé oblige, Kaufman n’a pas eu tous les moyens dont il rêvait et le résultat n’est pas toujours totalement abouti.

H. H.

Autre diffusion le 25/1 à 10h05 sur Be 1.