Le Secrétariat d’instruction du CSA a été saisi de plusieurs plaintes concernant l’opération “Les 48 heures des Bourgmestres” présentée par Christophe Deborsu, Caroline Fontenoy et Pascal Vrebos, du 3 au 5 septembre derniers. une émission diffusée en direct sur RTL Play, RTL info et sur Facebook. Des interviews qui devaient en outre être relayées en radio (Bel RTL) et en télévision (RTL-TVI), note le CSA.

Les plaignants regrettent notamment que cette opération “mette uniquement en valeur les bourgmestres dans chaque commune tandis que les autres tendances politiques présentes au niveau local ne bénéficient pas à ce jour de la même médiatisation”.

Or, rappelle le CSA, le règlement relatif aux programmes de radio et de télévision en période électorale prévoit que “les éditeurs assurent l’équilibre et la représentativité des différences tendances idéologiques, philosophiques et politiques dans l’ensemble des programmes qu’ils diffusent” (article 4). Pour ce faire, l’éditeur doit prendre en compte le niveau de l’élection et l’impact des programmes concernés. Il stipule également que “lorsqu’un éditeur diffuse des programmes qui, pris individuellement, ne présentent pas toutes les tendances (…) de manière équilibrée, il doit assurer l’équilibre et la représentativité dans la programmation globale de son service, sur l’ensemble de la période électorale” (article 10).

Le groupe RTL botte en touche et fourbit ses arguments

Face à ces griefs, RTL Belgium botte en touche et rappelle qu’elle dépend de l’Alia (Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel) qui est son autorité de tutelle en matière de régulation pour tout ce qui concerne la télévision. Pour le reste (et notamment, la radio qui dépend, cette fois, bien du CSA belge), “nous réservons prioritairement au CSA les différents arguments que nous ferons valoir dans le cadre de l’instruction qu’ils ont ouverte” précise Christopher Barzal en charge de la communication au sein du groupe RTL.

Officieusement, la chaîne ne semble pas inquiète puisqu’elle sait que c’est sur l’ensemble des programmes diffusés lors d’une période électorale donnée que la “représentativité des différentes tendances idéologiques, philosophiques et politiques” est évaluée. Or cette campagne est loin d’être terminée et les émissions préélectorales vont se multiplier. 

En interne, on ne cache pas que l’idée est d’ailleurs de s’appuyer sur ce programme “original et qui a eu du succès” pour revenir sur les éléments épinglés par les différents intervenants (en l’espèce: environ 260 bourgmestres et une quinzaine de chefs de l’opposition) et de les creuser ou de faire réagir les autres membres de l’opposition. 

Ce qui entraînera de facto, une vision “plus équilibrée” des différentes opinions en présence. Ce n’est “forcément pas au sein d’une seule émission que l’on peut faire entendre les voix de l’ensemble des bourgmestres et des élus de tous les communes de Wallonie et de Bruxelles” a-t-on fait remarquer en interne.