Est-ce en raison de la crainte de ne pas connaître un Noël "normal" ? Ou du stress de la pandémie, additionné à celui d’un nouveau semi-confinement ? Ou est-ce la fermeture des magasins non essentiels qui fait redouter de ne pas pouvoir s’adonner au lèche-vitrines et au choix de ses cadeaux de fin d’année en toute décontraction ? Sans doute est-ce le résultat de l’addition de ces quatre facteurs en même temps…

Alors que certains n’ont pas hésité une seconde avant d’installer les guirlandes et décorations achetées en urgence, juste avant la fermeture des boutiques de déco, les chaînes rivalisent déjà de propositions qui fleurent bon la cannelle, le massepain et le chocolat chaud. La folie de Noël s’est emparée des petits écrans bien plus tôt que les années précédentes. Depuis début novembre, les premiers films de Noël ont envahi grilles des chaînes traditionnelles et algorithmes des plateformes internationales, à la recherche de spectateurs en quête de surprises, de paillettes, de romances et de joyeuses retrouvailles familiales.

La trêve du cynisme et des tueurs

Chaque jour en début d’après-midi, il est désormais possible de se délecter d’aventures garanties 100 % réconfort. À titre d’exemple, ce lundi, on pourra au choix tomber Sous le charme de Noël (RTL-TVI, 13 h 35), vivre Noël sous le signe du destin (TF1, 13 h 55) ou carrément tenter de trouver Un cœur pour Noël (Tipik, 13 h 58), au sens propre comme au figuré.

Que vous rêviez de vivre un Noël sous les flocons (RTL-TVI, mardi, 13 h 35), un Noël sous le gui (TF1, mardi, 13 h 55) ou un Noël sur la route de Memphis (TF1, mercredi, 15 h 45), chaque après-midi vous apporte votre dose de douceur et d’évasion. En attendant la dernière semaine de l’Avent et celle coincée entre Noël et Nouvel An qui verront le triomphe des héros et classiques de Noël : Frank Capra, Charlie Chaplin, Gene Kelly, Sissi et autres Mélodie du bonheur ou Magicien d’Oz.

Des films animés pour soigner son âme d’enfant

En attendant de découvrir Soul, la nouvelle production Pixar, annoncée le 25 décembre sur la plateforme Disney+, on peut déjà partager l’histoire de Jingle Jangle*** , formidable fantasy à la fois animée et musicale, à l’univers proche de celui d’Hugo Cabret, dévoilée vendredi sur Netflix. L’occasion de suivre le destin contrarié et les inventions bigarrées du fameux Jeronicus Jangle (Forest Whitaker), créateur jalousé de jouets extraordinaires. Avec son casting majoritairement afro-américain, cette comédie en costumes victoriens puise dans un imaginaire universel (Casse-Noisette, Peter Pan, Gepetto et Pinocchio) pour réinventer un conte oublié qui implique les enfants et leurs grands-parents.

Un récit qui détonne au cœur d’une offre très classique et qui renouvelle le genre tout comme l’Opération Christmas Drop, toujours sur Netflix, mêlant aventures, soleil, île déserte et mission humanitaire.
Soit deux occasions de trancher face aux fictions produites chaque année aux États-Unis avec célibataires esseulés, famille nouvellement divorcée, déménagement forcé ou vrai prince caché. Autant d’histoires qui assurent aux chalands leur quota de guimauve, de chants traditionnels et de bons sentiments.

Changer de regard ou de curseur

Avec le temps, heureusement, le modèle se renouvelle et se diversifie et les castings proposent davantage d’inclusion et de diversité. C’est le cas, aussi, de la série Dash & Lily** que Netflix a mise en ligne la semaine dernière.

Soit l’histoire de Dash, le désabusé (Austin Abrams) qui découvre un mystérieux carnet rouge rempli d’énigmes à résoudre au sein de sa librairie préférée. Le voilà qui échange messages et défis avec Lily l’enjouée (Midori Francis) via le fameux carnet semé aux quatre coins de New York. Une aventure qui les pousse tous les deux à sortir de leur zone de confort et à tenter de créer de la magie à leur manière.

Joe Tracz a imaginé cette comédie romantique sur base de la série pour jeunes adultes Dash & Lily’s Book of Dares de David Levithan et Rachel Cohn. En résultent huit épisodes de vingt-cinq minutes pour vivre à fond la magie de Noël avant l’heure. Une série qui parie sur l’inclusion et la diversité des genres et des traditions et qui, sous couvert de grands sentiments, réinvente allégrement la portée des contes de fées tout en explorant d’autres pans culturels et d’autres communautés. C’est bien plus que ce que certains sarcastiques auraient imaginé...

En quête d’autres sentiers à explorer ? Pas de problème : la plateforme rouge annonce l’arrivée d’un documentaire dédié à ce genre décrié, voire considéré comme un "plaisir coupable" par beaucoup. The Holiday movies that made us sera disponible le 3 décembre. De quoi se rassurer au moment de s’octroyer quelques moments chaleureux et douillets sur son canapé.