Chères lectrices, chers lecteurs,

En cette période d’incertitude sanitaire, économique, sociale et politique, vous êtes nombreux à nous écrire. Vous nous faites part de vos inquiétudes, de vos questions, de vos encouragements, et aussi, de vos reproches quant à la couverture médiatique de l’actuelle épidémie.

Dans cette édition, La Libre Belgique répond à dix questions fréquentes reçues ces derniers jours sur le Covid-19. En quelques phrases, nous tâchons d’apporter un éclairage clair sur la base d’avis scientifiques crédibles.

Certains d’entre vous soulignent le rôle "néfaste" des médias dans l’atmosphère ambiante, mêlée d’incertitudes, d’ignorance et d’angoisse. Permettez-nous de répondre à ces critiques. En tant que rédaction, notre rôle n’est certainement pas de faire paniquer nos lecteurs. C’est encore moins notre volonté. Mais nous ne souhaitons pas non plus minimiser les enjeux et difficultés que représente le Covid-19. Rassurer pour rassurer n’est pas une solution. Nous tentons donc d’expliquer, de prévoir et d’identifier les éventuelles incohérences dans la gestion de la crise actuelle.

Certains articles ou contributions d’experts sont plus alarmants que d’autres. Surtout si ceux-ci partent de l’a priori "si aucune mesure n’est prise". Or, des mesures sont prises, des consignes sont diffusées.

Sont-elles suffisantes ou excessives ? Notre rôle est - au jour le jour - de faire le point de manière pertinente et fondée, en nous basant sur les meilleures informations disponibles. Les mesures drastiques et inédites imposées d’abord en Chine, puis en Italie, démontrent que la situation est indéniablement préoccupante. Nous sommes aussi conscients que le véritable danger de ce virus pèse sur le bon fonctionnement de notre système de santé (généralistes, laboratoires, urgences et hôpitaux) et sur la continuité des services médicaux. Il est dès lors essentiel de sensibiliser chaque citoyen, du plus jeune au plus âgé, au respect des consignes élémentaires d’hygiène. Si ce n’est pour se prémunir soi-même, faisons-le pour les autres.

Notre rôle est de rappeler cette consigne de bon sens inlassablement, et à tous.

"Le coronavirus éclipse quelque peu le reste de l’actualité". Cette affirmation est en grande partie vraie, même si nous poursuivons normalement notre couverture des autres enjeux belges et internationaux, tels que l’effroyable crise humanitaire en cours en Syrie. Mais il est tout aussi vrai que la situation sanitaire actuelle a un impact considérable sur bon nombre de secteurs : la santé, la politique, l’économie ici et là-bas, l’enseignement (de la crèche à la thèse de doctorat), les commerces (petits, grands, internationaux), les bourses, les voyages, les évènements culturels et sportifs…

Comment réduire ces conséquences à une brève couverture alors que les questions des lecteurs se multiplient et que les enjeux - par secteur d’activité - s’avèrent fort différents ? Contrairement à certaines affirmations, ce n’est ni la "course au clic", ni la "vente de papier" qui nous motivent, mais une ambition de couvrir au mieux une crise dont on connaît encore trop peu les véritables effets.

"Pourquoi  mettez-vous certains articles en payant sur votre site internet ?" Dans notre traitement du coronavirus, nous veillons justement à donner "en accès libre" les informations qui concernent les mesures de précaution à prendre, les origines de la maladie et autres informations d’utilité publique. Nous réservons par contre à nos abonnés les analyses plus pointues des experts, les décryptages journalistiques et autres reportages. La raison est simple : l’information a un coût qu’il nous faut pouvoir répercuter pour assurer l’avenir d’un traitement journalistique professionnel et indépendant, à votre service.

Merci pour votre confiance et votre fidélité,

Dorian de Meeûs - Rédacteur en chef