Bébêtes

Al’heure où Philippe Lambillon présente la 2e collection de pralines aux insectes du Bourlingueur chez Wittamer, "Reporters" s’intéresse ce soir aux chenilles, vers de farine et autres sauterelles qui devraient bientôt faire un saut dans nos assiettes. Et une fois de plus, on se rend compte que "Reporters" est sans conteste le plus intéressant des magazines d’info de 19 h 45 de RTL-TVI Dans Vous prendrez bien un dernier ver ? HH , Alain Diels et son équipe livrent en effet un reportage fouillé, prenant en compte les différents aspects de la question : écologiques, scientifiques, économiques, culturels et, bien sûr, gastronomiques !

L’enquête débute dans un laboratoire de l’ULG à Gembloux, où des étudiants participent à une enquête sur différents insectes. Si ceux-ci ne peuvent toujours pas être commercialisés pour l’alimentation humaine - en attendant une décision de l’Union européenne, l’heure est néanmoins plutôt à la tolérance -, on teste déjà ici leur acceptabilité chez les consommateurs. Car ces petites bébêtes ont leurs farouches défenseurs. Vice-recteur de la faculté de Gembloux et entomologiste, Eric Haubruge a d’ailleurs de sérieux arguments de son côté. Il s’agit en effet avant tout d’un élevage écologique et facile : il faut 1 kg de nourriture (des déchets qui plus est) pour produire 1 kg d’insectes, contre 3 kg pour le porc et 10 kg pour les bovins ! Ne parlons même pas des économies en méthane et en CO2, du gain de place, et du fait que les insectes sont une excellente source de protéines. A Gembloux, on en est d’ailleurs déjà à la phase de production préindustrielle et l’on travaille sur une farine d’insectes que l’on pourrait écouler sous forme d’additif dans l’industrie agroalimentaire.

Mais Alain Diels ne s’arrête pas là. Pour déjouer nos a priori, il part également à la rencontre de Mama Leona, une Belgo-Congolaise. On la rencontre à Matonge, où elle fait son marché pour pouvoir faire découvrir sa tarte aux sauterelles au Musée de Tervueren. Laquelle rappelle au passage que lorsqu’elle a vu une moule pour la première fois, elle a été aussi dégoûtée à l’idée de la manger que nous face à un ver

L’argument est le même pour Sang-Hoon Degeimbre : on mange bien des escargots ou des huîtres, pas exactement les animaux les plus ragoûtants a priori. Le chef doublement étoilé de "L’air du temps" avoue n’avoir pas encore été totalement convaincu par l’aspect gustatif de ces petites choses, mais travaille activement à la mise au point de recettes pour la société Green Kow. Laquelle entend bien être la première à écouler ses produits à base d’insectes dans magasins bio dès le feu vert de l’Europe