Olivier Maroy a annoncé ce lundi matin qu'il se présenterait aux élections régionales, dans le Brabant wallon, pour le MR. Le présentateur de l'émission de débats politiques "Mise au point" va donc quitter le service public pour la politique. La RTBF a annoncé, par communiqué, avoir pris acte de la décision d'Olivier Maroy et dit respecter ce choix.

Dans une chronique, Johanne Montay, responsable du service politique de la RTBF, se montre plus virulente à l'égard de son ancien collègue, qui s'est "laissé tenter par le pays des MRveilles"... Pour elle, "toute personne a le droit de s'engager en politique". Elle évoque un "droit démocratique" et "une forme de choix courageux". Mais, dans la foulée, elle mentionne "un pas transgressif".

Tout d'abord, parce que "le passage d'un journaliste en politique révèle au grand jour ses préférences politiques. Il jette donc la suspicion légitime sur l'indépendance de son travail jusqu'ici". Il est vrai qu'en cas de retour au service politique de la "maison RTBF", la suspicion pèsera sur chacun des choix opérés par Olivier Maroy.

Johanne Montay avance également une autre raison qui fait que ce passage du journalisme à la politique constitue "un acte irrévocable". "Ce n'est pas un grand saut à l'élastique. Il n'y a pas de rebond possible. Celui qui s'enfuit du bateau ne remonte plus à la barre. Une fois en politique, plus de retour en journalisme. Un retour dans les médias est toujours possible, dans une autre fonction, après 6 mois de "purgatoire". Mais l'indépendance, ce n'est pas comme les cheveux : ça ne repousse pas." Et elle conclut de la sorte : "Alors, chers ex-amis journalistes, engagez-vous, engagez-vous, chapeau, mais ... ne revenez jamais dans cette fonction."

En ce sens, la journaliste avertit d'ores et déjà son ex-collègue. Car Olivier Maroy pourrait retourner à la RTBF après son expérience politique, moyennant plusieurs conditions et une période de transition. Il est par exemple interdit aux membres du personnel de la RTBF qui ont obtenu un congé politique d'intégrer une rédaction d'information politique, économique ou sociale dans l'année suivant les élections auxquelles ils ont participé.