Meredith Kopit Levien connaît ce 8 septembre une nouvelle étape dans sa carrière. Cette diplômée de rhétorique a rejoint le New York Times en 2013 en tant que responsable publicité. Elle a ensuite vite été promue au poste de vice-présidente et directrice des ventes en 2015 puis est devenue directrice de l’exploitation en 2017. Elle a aujourd’hui succédé au poste de CEO à Mark Thompson, ancien directeur de la BBC, qui avait lui aussi misé sur le numérique dès son arrivée au New York Times en 2012.


À sa nomination, Levien a déclaré qu'elle continuerait à développer la stratégie de “subscription-first journalism” (journalisme par abonnement payant), un plan qui a aidé le journal à faire face à une baisse des revenus publicitaires tout en améliorant sa situation financière. Elle a également souligné que le New York Times continuerait à investir la majorité de ses revenus dans son journalisme de qualité, même si elle est favorable à l'ajout de jeux numériques ou autres contenus non liés à l'information. Un pari gagnant, puisque le journal a attiré des milliers d’abonnés à travers sa nouvelle application de mots croisés et son site de cuisine.

Meredith aux mains d’or

Elle a confié dans une interview pour la conférence "The 2020 Makers" qu’elle était originellement sceptique à l’idée de rejoindre le New York Times. ”J'ai demandé conseil aux gens, et le sentiment était que c'était une grande entreprise de journalisme, mais que côté business, les meilleurs jours étaient derrière elle”, avant de poursuivre : "Mais en fin de compte, j'aime l'endroit, et j'aime la mission”.

Anciennement éditrice de The Atlantic et directrice générale des recettes de Forbes, elle s’était fait remarquer par ses sauvetages d’entreprises de presse en difficulté face au basculement dans le numérique. Elle a ensuite développé la version numérique du New York Times à l’aide de nouvelles techniques publicitaires qui ont assuré un succès au modèle payant en ligne.

Aujourd’hui, le lectorat numérique du journal est passé de 640 000 à plus de cinq millions d'abonnés. Les recettes numériques dépassent les 800 millions de dollars par an et 88% des abonnements au New York Times sont désormais numériques. Un revirement réussi qui a permis de pallier les pertes des revenus publicitaires. “Tout ce qu’elle touche, elle le rend meilleur” avait d’ailleurs déclaré l’un des directeurs du journal à son propos.

"Nous avons de grandes ambitions pour le New York Times, et nous avons de grandes ambitions pour le journalisme d’investigation, de manière plus générale”, a-t-elle assuré au public de la conférence où elle s’est exprimée sur sa passion pour le journalisme et sur l’article qui a lancé le mouvement Me Too. “L’article sur Harvey Weinstein, c’est ce que le New York Times sait faire de mieux. Du reportage en profondeur où les journalistes prennent le temps […]. Si vous investissez dans le journalisme de qualité, original et indépendant, vous trouverez une audience”.