A Paris

Le 4 octobre 2002, Sohanne, une jeune fille de 17 ans, meurt brûlée vive dans un local à poubelles de Vitry-sur-Seine. Parce qu’un jeune homme de 19 ans n’avait pas accepté pas que son ex-petite amie lui résiste, il l’avait immolée après l’avoir aspergé d’essence.

Symboliquement, la marche des femmes "contre les ghettos et pour l’égalité" est partie de cette ville de banlieue parisienne et a traversé la France en 23 étapes. "Et chacune de ces haltes est l’occasion de débattre sur des problèmes propres à la ville visitée: la sexualité, les viols collectifs, les discriminations, les violences sexistes, la République, le ghetto, le poids des traditions, religion et laïcité, les mariages forcés, les bandes organisées, les femmes dans le milieu associatif, la féminité dans les quartiers, l’intégrisme "

Ainsi naquit "Ni putes ni soumises" dont la démarche militante et pacifiste connut un grand succès et imposa le respect à la fois auprès du grand public et de personnalités. L’une de ses instigatrices et ancienne présidente, Fadela Amara, a d’ailleurs été propulsée secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville de l’actuel gouvernement français.

Ce soir, à 22h55, sur France 3, Cyril Hanouna rend hommage à ce mouvement en présentant Le gala Ni putes ni soumises H qui fait la part belle aux humoristes du genre féminin. Parmi elles, Anne Roumanoff (pour un bref medley), Chantal Ladesou (trop rare à la télé), Claudia Tagbo (un vrai talent, une énergie repérée par le Jamel Comedy Club), un passage assez pertinent d’Isabelle Alonzo et une bonne tranche d’humour avec Isabeau de R dans le genre "Marie-Chantal se lâche".

Les sketchs sont ponctués d’interventions ultra-machistes de Jérôme Commandeur, Titoff, Max Boublil, Denis Maréchal ou Eric Laugérias qui jouent la carte de la misogynie et, au final, renforcent lourdement les clichés. A défaut de s’esclaffer, on peut saluer l’initiative. "L’idée de ce programme nous est venue après des rencontres avec des femmes du mouvement Ni putes ni soumises, déclare Cyril Hanouna. Ce projet et son message sont en adéquation avec le service public puisqu’il vise à promouvoir l’égalité, le respect, la mixité et la laïcité."