Non, Jacques, t'étais pas tout seul

Non, Jacques, t'étais pas tout seul
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PIERRE-FRANÇOIS LOVENS

Publié le

Comme une enfant ayant reçu le plus beau des cadeaux de Noël, elle a jeté les deux bras en l'air, à la fois émue et folle de joie. Mardi soir, peu avant 22h30, France Brel découvre le visage de son papa - qu'elle préfère appeler «Jacques» - plein écran. C'est donc lui, le «Grand Jacques», qui vient d'être désigné par les téléspectateurs de la RTBF comme le «plus grand» de tous les Belges.

Une heure plus tôt, alors que chaque nominé recevait l'appui de deux «avocats», France Brel était venue plaider la cause de son père adulé. «C'était un chevalier de la tendresse, un écorché vif, un solitaire.» Et d'ajouter en signe de prémonition: «Le public ne se trompe jamais...» Dans le hall Victor Horta du palais des Beaux-Arts, à Bruxelles, la centaine d'invités sent bien que la fille de Brel a eu les mots justes pour infléchir l'opinion des téléspectateurs. Avant elle, Serge Lama avait déjà enfoncé le clou: «Ses chansons sont les meilleures histoires belges», avait glissé le chanteur français pétri d'admiration pour celui qui savait ce que signifiait «brûler les planches, à l'égal d'une Piaf».

Au moment d'entamer la grande soirée de clôture de cette «Star Ac' du service public» (dixit Joëlle Milquet), Jacques Brel n'en menait pas large. Au fil des quelque 20000 votes enregistrés au cours des dix dernières semaines, le chanteur du «Plat pays» était devancé par le roi Baudouin et le père Damien, récemment élu «plus grand Belge» par les téléspectateurs de la VRT. «Rien n'est fait, tout peut encore changer!», entonne Thomas Van Hamme. Très Star Ac', tout ça... Ironique, Jean-Jacques Jespers vient calmer les esprits: «Manifestement, il vaut mieux avoir vécu au XXe siècle, ne pas être une femme, ni scientifique.»

«Si Ben n'est pas élu...»

Le ballet des plaidoiries s'ouvre sur le père Damien. L'apôtre des lépreux est littéralement béatifié par le prêtre des loubards, Guy Gilbert, et humanisé par Laurette Onkelinx. Il faut toutefois attendre Rodrigo Beenkens pour assister à la première envolée lyrique et humoristique. A l'image d'un sprinter en pleine action, le journaliste sportif dit tout le bien qu'il faut penser de l'homme Eddy Merckx. Jolie performance. Et puis, le soufflé retombe avec les deux avocats de Georges Simenon, lequel ne quittera jamais la lanterne rouge du classement.

Dans la foulée de la défense de Brel, la soirée s'offre une petite bouffée d'air frais avec Jeff Bodart, venu défendre son pote Benoît Poelvoorde. «Si Ben n'est pas élu plus grand Belge? On crèvera les pneus de l'administrateur général (NdlR: M.Philippot, patron de la RTBF) ». A ses côtés, Stéphane Liberski imagine volontiers Poelvoorde interprétant tous les nominés. «Pour un Poelvoorde, vous avez les neuf autres.» Ben terminera tout de même devant Hergé, Magritte et Simenon.

Peu avant 22 heures, il se chuchote en coulisses que Brel a pris les devants. Dans le car «TV Data», appels 0900 et SMS s'accélèrent. Les invités politiques en remettent une dernière couche en faveur du Grand Jacques. Les jeux sont faits. Et France Brel exulte.

© La Libre Belgique 2005

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