L'éditorialiste Julie Graziani a été remerciée de ses services par le journal L'Incorrect, après avoir tenu des propos "scandaleux" à l'encontre d'une mère de famille divorcée.

"Si on est au smic, eh bien il ne faut peut-être pas non plus divorcer dans ces cas-là. A un moment donné, quand on se rajoute des difficultés sur des difficultés, et des boulets sur des boulets, on se retrouve avec des problèmes", lançait Julie Graziani sur le plateau de LCI, dans l'émission 24h Pujadas, lundi dernier. Des paroles "plus que malheureuses, répugnantes, à l'endroit d'une mère de famille pauvre", a réagi trois jours plus tard le directeur de la rédaction L'Incorrect, Jacques de Guillebon, par voie de communiqué. Autrement dit, exit Julie Graziani.

Et pour cause, l'indignation collective qui a suivi ces propos n'aura pas réussi à provoquer une quelconque remise en question de la journaliste. Dans une mise au point publiée sur le site de l'Incorrect, elle enfonçait le clou, et enterrait sa collaboration avec ledit journal: "Mon propos était d’en appeler avant tout à la responsabilité personnelle au nom de la dignité de chacun. Car même dans des situations difficiles, nous restons responsables des actes que nous choisissons et nous ne pouvons indéfiniment nous retourner vers l’Etat pour résoudre nos problèmes personnels ou pour nous victimiser."

Pour Jacques de Guillebon, il n'était pas question de tolérer un tel dérapage médiatique: "Il apparaît que depuis ce triste passage, et malgré nos conseils et objurgations, Julie Graziani n’a pas pris conscience le moins du monde du caractère scandaleux de ses mots, et au contraire s’enferre dans un dédain plus que macronien pour “ceux qui ne sont rien” (...) En conséquence et après un délai de réflexion raisonnable, lui laissant à la fois le temps de revenir à la raison et de s’échapper hors la meute médiatique dans la dignité, la rédaction de “l’Incorrect” a décidé qu’en aucun cas Julie Graziani ne pouvait plus la représenter, à la télévision ni ailleurs, sur les réseaux sociaux ou dans quelques médias, celle-ci n’ayant par ailleurs jamais été salariée du journal."