Malgré l’un des palmarès les plus étoffés du sport belge, Justine Henin n’est jamais parvenue à faire l’unanimité. Lors de sa "première retraite" déjà, la Rochefortoise avait multiplié en vain les "opérations séduction" par le biais des médias. Une manière de découvrir une autre Justine, par le divertissement principalement. Mais ses différentes apparitions sur les plateaux télévisés n’ont jamais vraiment porté leurs fruits. Peut-être était-ce le contexte qui n’était pas le bon. Cette championne si timide, qui de son propre aveu est plutôt du genre à longer les murs lorsqu’elle entre dans un restaurant, pouvait-elle réellement faire apparaître "la vraie Justine Henin" dans un format qui fait la part belle au spectacle ?

Dans Justine, la vie devant soi ( ( diffusé vendredi soir sur La une, Michel Lecomte et ses comparses ont sans doute trouvé la bonne formule pour effleurer les contours du for intérieur de l’incomprise. Proche à certains égards des "talk shows thérapeutiques", où l’invité profite de son passage à l’écran pour procéder au grand "déballage", l’entretien très intimiste, chez elle, à Bruxelles, a permis de lever le voile sur certaines zones d’ombres. Ses peurs sur le court, ses doutes sur celle et ce qu’elle est réellement loin de sa raquette, ses regrets quant à ses rendez-vous manqués avec son public.

En confiance, avec des journalistes qu’elle a longuement côtoyés, la jeune femme a, peut-être pour la première fois, transmis sa passion du tennis. Sa manière de se remémorer chaque point, chaque finale, de ressentir et de partager les émotions qui l’ont habitée dans les grands moments de sa carrière, a offert au public un visage rarement entrevu chez Henin.

Evidemment, cette confession à cœur ouvert n’a pas été exempte de certains clichés inhérents au genre : un paternalisme parfois trop prononcé dans le chef de Michel Lecomte ou cette impression de visite chez le psy, par exemple. Mais si cet entretien semblait au départ un peu rapide, après cette conférence de presse de lundi dernier où la joueuse s’était déjà confiée, sans doute était-ce un besoin pour la détentrice de sept titres du Grand Chelem de rétablir "ses" vérités et son image au plus vite.