Spéciale "De Groodt une fois" à 21h sur Be1. Un bel hommage de Canal à un auteur belge.

Quel est le point commun entre une bimbo de téléréalité, un réalisateur "bankable" et un auteur masqué du Nord-Pas-de-Calais ? Stéphane De Groodt. Dans le studio d’enregistrement du magazine de Canal +, "Le Supplément", un festival d’invités est venu célébrer les prouesses stylistiques de l’auteur belge, point de mire d’un prime time qui lui est consacré : De Groodt une fois**.

Parmi les invités de ce pot de départ organisé par Maïtena Biraben, la taulière, Dany Boon et Nabilla. L’émotion est palpable chez Stéphane De Groodt, humble spectateur d’une reconnaissance qu’il a pourtant voulue. A la sortie du studio, entre flashs et dédicaces, il reconnaît : "Quand j’ai vu le pilote Gilles Villeneuve s’éclater en l’air et que tout le monde disait : c’est un héros, un chevalier des temps modernes, j’ai voulu devenir chevalier des temps modernes. Et j’ai fait des compétitions. C’est quand même curieux… Autant Villeneuve m’a donné envie de courir, autant de Funès m’a donné envie de faire rire. Quand j’arrivais à l’école, tout le monde parlait de son film diffusé la veille. Je me suis dit : si je veux qu’on parle de moi, il faut que je fasse rire. Inconsciemment, j’ai emprunté sa gestuelle."

En attendant De Groodt

Après deux ans de chroniques, des " Voyages en absurdie" , qui viennent d’être publiées chez Plon, il a pourtant décidé de se consacrer au théâtre et au cinéma. C’est Dany Boon qui produit son premier film.

Au milieu de la pipolade de Canal, surgit un visage inconnu. "Voilà Christophe, Christophe Debacq par qui les mots globinent ! Il a une écriture formidable, c’est vraiment mon complice cher", s’enthousiasme Stéphane De Groodt. A lui, la lumière, à Christophe Debacq, son coauteur, l’ombre jalousement gardée. "Vous ne trouverez pas ma gueule sur Google ! Stéphane est là pour prendre la lumière, c’est très bien", lance Christophe Debacq avant de s’esquiver. Il promet de répondre, au téléphone, depuis Lille, dans le Nord-Pas-de-Calais, où il est né, où il vit, où il travaille. Christophe Debacq tient sa promesse.

Naissance en 1979. Père boucher. Mère auxiliaire de vie chez des personnes âgées. "J’écrivais des BD. Mais le dessin n’était pas top. Je me suis rabattu sur les textes, c’est aussi bête que ça." Marvel, Astérix, Tintin, Goldorak l’inspirent. A 8 ans, il participe à des concours. "On ne me répondait jamais. Les courriers se sont peut-être perdus." Ses BD sur les profs font rire la classe. Bac littéraire, puis licence anglaise, en attendant De Groodt. "C’est compliqué de se dire : tiens, je vais devenir scénariste." Il écrit des textes, des scénarios de séries, des programmes courts qu’il adresse à des producteurs télé, un peu partout. "J’attends des réponses. Comme d’habitude. Jusqu’au jour où Stéphane m’a répondu. C’était en 2005. J’avais trouvé son adresse mail sur Internet. Je lui avais envoyé un truc sur le clone raté de Jésus-Christ, ‘à peu près Jésus-Christ’, qui voulait créer sa propre religion, ‘l’apeuprisme’. Il m’embarque pour France 2 qui cherchait un programme de trois minutes pour succéder à ‘Samanta Oups’. On a bossé pendant deux ans et demi. Pour rien. Finalement, j’ai réalisé un court-métrage, ‘Dolorosa’, qui a tourné en festivals. Pas de réponse non plus, au niveau des prix. Mais Stéphane me rappelle pour bosser sur le Festival de Cannes pour Be TV et pour la matinale de Canal, à 7h du matin. Il ne fallait pas s’emballer non plus ! Je ne savais pas qu’il y avait une matinale… Il m’a proposé cette idée : réaliser l’interview exclusive de Bachar Al-Assad. Je me disais : où il veut aller ? Est-ce que les gens vont accrocher, vont comprendre ?"

Et, depuis, "on est devenu des machines à vannes. On ne sait plus qui a lancé telle idée. Ça se fait naturellement, tout bêtement" . Une semaine de travail pour quelques vannes, chaque samedi.

"Dolorosa" bientôt sur France 2 ?

Quand Stéphane De Groodt se fait produire par Dany Boon, Christophe Debacq se laisse inspirer par Michael Haneke, Lars von Trier et Gaspard Noé. "Je sais, ce n’est pas très gai. Mais c’est déjà bien mieux que de passer dans ‘Faites entrer l’accusé’ !" Les héros mutiques de "Dolorosa", mus par l’hémoglobine, pourraient pourtant finir sur France 2. Bande-annonce sur https ://vimeo.com/28144633 en attendant une possible sortie en DVD. Et Christophe Debacq, alter ego de Stéphane De Groodt, ne cache plus ses maux.