Si les candidats sont les véritables héros de Koh-Lanta, il ne faut pas oublier que sans les équipes techniques et de tournages, nous ne saurions rien de leurs exploits. Le magazine Society s’est intéressé aux coulisses de l’émission qui comble les téléspectateurs de TF1 depuis bientôt 20 ans. Il dévoile l'envers du décor de cette locomotive à audiences qu’anime Denis Brogniart et qui a retrouvé une nouvelle jeunesse cette année avec les deux saisons diffusées.

Parmi les témoignages recueillis par le magazine figure celui de Laurent Robert Thibierge, ancien directeur de production d’ALP entre 2005 et 2012, la société qui produit l’émission. Il évoque les contraintes imposées aux techniciens, cadreurs et aux membres de l’équipe de production pendant le tournage. En particulier, le fait que seule une poignée de personnes, cadreurs et journalistes, sont autorisées à s’adresser aux aventuriers. Et malheur à celui qui vient à enfreindre la règle ! “Je me souviens d’un technicien qui a parlé à une candidate, il a été viré sur-le-champ, confie-t-il. Tout cela est protégé comme un grand spectacle dont personne ne doit connaître les coulisses. C’est comme si vous demandiez à David Copperfield les secrets de ses tours de magie.”

Une tribu de plus de 200 personnes

Laurent Robert Thibierge qualifie Koh-Lanta de “barnum digne d’un long-métrage d’Hollywood, mais qui doit rester complètement invisible”. Voilà qui est tout sauf simple, évidemment. Il faut savoir que ce sont plus de 200 personnes qui sont mobilisées pour faire tourner la machine Koh-Lanta et en capter les moments décisifs qui formeront les épisodes diffusés aux téléspectateurs. C’est ce qu’avait révélé l’an dernier Alexia Laroche-Joubert, à la tête d’ALP, et Julien Magne, producteur de l’émission, auprès du site Puremédias. Probablement bien plus lors des 4 Terres puisqu’il avait initialement quatre équipes en jeu!

Parmi tout ce personnel, il faut compter 120 techniciens français, une vingtaine de Cambodgiens et une centaine de Fidjiens. S’il y a bien entendu des pilotes de bateau, des plongeurs, un chef cuisinier et son commis pour nourrir tout ce beau monde, d’autres métiers, plus inattendus, sont également requis : une couturière, un l’ébéniste, un peintre, un sculpteur, ou encore un serrurier. Lorsque le jeu se déroule dans des zones fort fréquentées, comme en Thaïlande, des marins locaux sont aussi engagés et postés en amont des îles. Ils ont pour mission de s’assurer que les Robinson Crusoë volontaires restent bien isolés du reste du monde.

À la dure

Puremédias avait également révélé les conditions de vie de ces équipes techniques et de tournage. Une vie à la dure également même si elle n’est pas comparable à celle endurée par les candidats. “Ils subissent la chaleur, le soleil ou les intempéries au même titre que les aventuriers, les suivent en trek dans la forêt avec le matériel”, expliquait Julien Magne.

Ils dorment aussi sur l’île des participants, dans une zone qui est interdite à ces derniers, située à une centaine de mètres du campement. Il s’agit d’une tente disposant d’un certain confort, notamment des lits de campagnes, des ventilateurs, de quoi se rafraîchir et manger. “Les équipes sur les camps ont interdiction de manger, boire et fumer devant les aventuriers”, précisait tout de même le producteur. On imagine la torture que serait le contraire pour des aventuriers affamés perdant des kilos chaque semaine…

Une vraie base sortie de terre

Pour ceux qui n’accompagnent pas les participants au plus près, ALP ne fait pas les choses en petit. Puremédias détaille les installations qui ont été aménagées sur l’archipel de Kadavu, aux Fifji. Après accord du gouvernement, de la région et du chef du village, c’est une vraie base qui est sortie de terre, avec des mobile-homes climatisés comprenant lit, bureau, salle de bains et toilette privative pour chaque membre de l’expédition. Sans compter les commodités, comme l’indispensable cuisine et son restaurant proposant trois repas par jour. Ou encore la salle de sport.

Toutes ces installations étaient situées à une demi-heure de bateau des campements des aventuriers. C’est là que Denis Brogniart résidait. Étant donné l’investissement, on comprend pourquoi quatre saisons - dont une annulée - ont été tournées là-bas.

La prochaine aura lieu dans un endroit inédit : la Polynésie française. Son tournage s’est achevé le 26 novembre dernier. Quant à la 23e saison de Koh-Lanta, elle est d’ores et déjà sur les rails puisque le casting est ouvert depuis le 4 décembre.