Quatre saisons de Télématin et pas une de plus pour Laurent Bignolas. Selon Le Parisien, l'animateur ne rempilera pas aux commandes de l'émission de France 2 à la rentrée prochaine. En cause, les audiences qu'il n'aurait pas réussi à maintenir à flots depuis le départ de son prédécesseur; William Leymergie, en 2017. Contacté par le quotidien français, le principal intéressé se dit étonné. " Ah bon, Télématin, c'est fini pour moi? Vous me l'apprenez !", s'est-il exclamé. "Si je dois arrêter, ça sera un peu brutal . Mais je peux très bien le comprendre. Peut-être que j'ai scié la branche sur laquelle j'étais assise ? Je me suis souvent remis en question. Déjà, quand on m'a demandé de succéder à William Leymergie, je leur ai dit : 'Vous êtes sûrs, je suis la bonne personne ?' Aucune place ne nous appartient. Il y aura toujours quelqu'un pour nous remplacer. J'ai eu l'impression de rendre service. Je partirai avec le sourire."

Télématin en crise

Cela ne représente toutefois que la partie visible de l'iceberg. En effet, à la chute des audiences doit s'ajouter un autre problème: l'ambiance exécrable qui régnerait au sein de l'équipe de Télématin. Celle-ci a commencé à se faire ressentir à la suite du départ de William Leymergie, il y a quatre ans. Coupes budgétaires obligent, l'émission a été contrainte de se séparer de nombreux de ses chroniqueurs. La mèche était allumée...

De son côté, Laurent Bignolas n'a pas réussi à se faire une place au sein de son équipe. Echanges tendus, incompréhensions, l'ambiance dans les coulisses n'a fait que se déteriorer. A tel point que le mot "crise" a été de nombreuses fois utilisé pour qualifier la situation de Télématin. En février 2020, le présentateur s'était confié dans les colonnes du Parisien. Il y confiait avoir le sentiment d'être la victime d'une "campagne de dénigrement". "Ce n'est pas évident de travailler en souriant quand on se prend ça dans la gueule", disait-il avant d'ajouter qu'il avait été, pendant plus d'un an, "sans arrêt sur la défensive, à chercher qui (lui) mettait des coups de couteau dans le dos". "Je n'avais pas d'alliés, pas d'amis. C'est dur", s'était-il plaint.

"Il y a eu une rupture"

Interviewé par le magazine Télépro, Frédérick Gersal, chroniqueur de Télématin depuis 1993, a confirmé l'ambiance tendue qui régnait dans les couloirs de l'émission depuis le départ de William Leymergie. "Il y a eu une rupture, c'est incontestable. Quelqu'un qui était omniprésent dans cette émission et pour cause il l'a créée, il l'a dirigée et il s'occupait de tout. Il était présent à toutes les strates et à tous les niveaux. Quand il est parti, au bout de 30 ans, il y a quelques jalons qui ont dû être bougés. Ça, c'est incontestable. Après il y a eu effectivement quelques soucis en ce qui concerne certains contrats, ça a été compliqué", confie-t-il avant de comparer l'arrivée de Laurent Bignolas à un véritable "séisme (...) après 30 ans de présence d'un patron omniprésent." Il reconnait que cela avait difficile de "tourner la page", de "s'atteler à un nouveau présentateur" et à de s'adapter à des "changements majeurs".