Le Grand Prix de Paris 1967 s’ouvre sur une vue en plongée où l’on aperçoit tout d’abord une défense "McCutcheon" (Fischer-Rossolimo, 1965) Puis la caméra se déplace vers la gauche, pour arriver au jour suivant, (Averbakh-Tolush 1953) et après la signature d’un autographe, la position sur l’échiquier mural est celle d’une partie éclair Short-Kasparov jouée en 2015 (mais avec le pion e3 "retourné" en e2).

La conclusion de la rencontre face au Norvégien Bergland rend un nouvel hommage à la carrière du "Kid de Brooklyn" avec sa victoire sur le Yougoslave Mario Bertok, à l’interzonal de Stockholm en 1962. Finalement le duel face à Borgov débute lui aussi sur une variante Najdorf, mais ne nous permet pas d’établir un lien entre l’ouverture et la position finale.

Septième épisode - finale

Nous voici en 1968, au Tournoi de Moscou. Elisabeth se défait en premier lieu de "Laev", (Topalov-Kasparov, Mémorial Euwe, 1995) puis s’impose devant "Duhamel" (Sax-Korchnoi, Lugano 1986) et bat aussi "Hellström" (Hübner-Kasparov, première partie du match, Hambourg 1985).

Viennent enfin les duels dont les derniers coups ont été modifiés et composés, par Garry Kasparov :

Blancs : Luchenko

Noirs : Harmon

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Les Noirs ont un pion de moins, mais exercent une forte pression à l'aile Roi, le long de la colonne -f- et sur les cases noires, grâce au puissant Fou en e5.

38... h5 ! Elle ouvre les lignes pour favoriser l'action des Tours et profiter de l'absence du Fc6. Dans la réalité, le conducteur des Noirs, Akopian, avait continué par 38... Tcf7, ce qui n'aurait normalement rien dû donner à cause la poussée 39. h4-h5. 39. gxh5 Rh8 La perte du pion n'est que temporaire. 40. hxg6 Txh4 41. Th1 Tch7 !! C'est justement sur ce coup que repose toute la beauté de la combinaison. 42. Tg1 a) 42. gxh7 se heurtait visiblement à 42... Dg7+ avec un mat rapide. Mais une autre variante remarquable se serait présentée après b) 42. Txe5 dxe5 43. De4 !? Df6 !! (Et surtout pas 43... Txe4 44. Txh7+ Rg8 45. fxe4 etc.) 44. Fd7 (44. gxh7 Dg5+) 44... Dg5+ 45. Fg4 Txh1 46. gxh7 Th6 et la menace de l'échec en d2 est mortelle. 42... T7h5 43. Fd7 Rg7 44. Rf1 Td4 45. De3 Td1+ 46. Te1 Fd4 et les Noirs abandonnent.

Blancs : Harmon

Noirs : Borgov

© DR
Les Blancs ont le dessus, mais cet avantage n'est pas encore décisif. 37. Ce6 Au lieu de 37. g4 joué dans la partie Ivanchuk-Wolff, à l'interzonal de Bienne en 1993

37... Ta4 Contre-attaque vers le pion e4. 38. b3 L'ordinateur signale une jolie variante de nullité : Si 38. Cexg7 Cxe4 39. Ce6 Cxg3 40. Ce7 !! Dxd3 (forcé) 41. Tf7+ et la Tour donne l’échec perpétuel. 38... Txe4 Autre facette de la variante précédente : 38... Cxe4 39. bxa4 Cxg3 40. Ce7 Dxd3 41. Cf8+ Rh8 42. Cfg6+ et c'est le Cavalier qui force le nul. 39. Cxd6 Fxe6 39... cxd6 ? 40. Cf8+ 40. dxe6 cxd6 41. e7 Ce pion est désormais trop fort car la menace de le pousser à Dame, via TxCf6, paralyse complètement les Noirs.

41... d5 Le seul coup et l'une des plus belles scènes de toute la série... 42. Fc5 De8 43. Df3 Vers f5, puis e6. 43... Dc6 44. b4 De8 45. Df5+ Rh8 46. Dxf6 !! gxf6 47. Txf6 Dh5 Dernier espoir... 48. Tf8+ Rg7 49. e8D Te2+ 50. Rf1 Dxh3+ 51. Rxe2 Dg2+ 52. Tf2 De4+ 53. Rd2 Et les Noirs abandonnent.