Une bande de farfelus expérimente la "liberté d’apprendre"

K. T. Publié le - Mis à jour le

Médias/Télé

C’est un petit coin de Belgique où une bande de farfelus a décidé d’expérimenter la "liberté d’apprendre". Dans cette ancienne ferme qui leur sert à la fois de lieu de vie et de gîte scolaire, profs et élèves évoluent sur pied d’égalité dans le premier lycée belge autogéré. Ici, on salue le droit à l’errance et à un apprentissage "partagé" en atelier.

Le projet remonte à 2003, mais la première rentrée a eu lieu en septembre 2008, avec l’aval du ministre Dupont. Trois classes (les dernières années du secondaire) y accueillaient soixante élèves, âgés de 15 à 27 ans. Objectif : les sortir de la phobie scolaire, les "remettre en route" pour leur permettre d’enfin obtenir leur diplôme.

A Limerlé, on le constate vite, il y a un côté "utopie en marche", d’autant que l’école est véritablement "à construire", au sens propre comme au sens figuré. Apprendre à gérer sa liberté et celle d’autrui, à se prendre en main, est la première étape pour ces jeunes en décrochage grave et en rupture sociale.

Portées par les images de Stéphane Xhrouët, les lieux (vus en photo dans de nombreux journaux) s’animent, les sons familiers (pour les auditeurs de La Première ou d’Arte Radio) ont l’air de s’habiller d’images. Un an après "L’école pirate", documentaire radiophonique de Christophe Rault et Fabienne Laumonier, on retrouve des voix familières et les questions essentielles posées par ce projet-pilote.

Pratiquant la politique de l’écoute et de la main tendue, multipliant les assemblées générales - au cours desquelles la gestion quotidienne et les décisions à longue échéance sont longuement discutées - les 14 profs, au prix d’une incroyable patience et d’une profonde remise en question, parviennent à capter l’attention de ces gamins paumés ne sachant plus comment demander de l’aide.

On reste bouché bée devant les résultats engrangés à la fin de l’année, d’autant que certaines prémices (ennuis avec des voisins, problèmes de drogue et de vagabondage, absentéisme chronique, un gîte devenu le lieu de tous les excès) étaient loin d’être encourageants. Et on se dit qu’il fallait être drôlement téméraire, et même un peu fêlé, pour se lancer dans une telle aventure. Mais que leurs visages radieux et ceux de leurs proches, qui n’y croyaient peut-être plus, valent largement cet effort. Heureusement qu’il existe des écoles pour tous ceux qui ne parviendront jamais à "entrer dans le moule".

Deux ans après le lancement de "Pédagogie nomade", Hadja Lahbib sera entourée de profs, de nouveaux et d’anciens élèves pour tirer les leçons de cette expérience unique. On est impatient de les écouter

K. T.

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