Médias/Télé

La RTBF n'échappe pas au retournement de la conjoncture économique. Les rentrées publicitaires, en particulier, ont fait la culbute. Conséquence: les comptes dérapent.

Réuni vendredi, le conseil d'administration de Reyers n'a pas été en mesure d'arrêter le budget pour 2002. Avant de se prononcer, il souhaite disposer d'une projection à l'horizon 2004. Elle est attendue pour le début de l'année prochaine.

Dans l'état actuel des prévisions, il apparaîtrait que la RTBF dégagera en 2002 un déficit de 329 millions de francs (8,15 millions d'euros). Une estimation qui intégrerait déjà de sérieuses économies... Selon nos informations, elles se chiffrent à une `quarantaine de millions´ en radio et à près de 130 millions de francs (3,22 millions d'euros) en télé.

Ces économies, opérées sur le dos des programmes, seront-elles suffisantes pour respecter l'objectif des 329 millions de francs? Rien n'est moins sûr. L'atonie du marché publicitaire pourrait en effet exiger des économies supplémentaires, mais à effectuer cette fois dans certains frais fixes...

Quoi qu'il en soit, ce vent d'austérité aura des répercussions sur les grilles radio et télé dès le mois de janvier. Vendredi, seul le volet radio a été approuvé par le conseil d'administration, `sous réserve de l'assentiment du comité d'accompagnement´. L'approbation des syndicats est attendue d'ici le 20 décembre, date du prochain CA, afin qu'on ne se retrouve pas face à des décisions `prises à la hussarde´. Chez Claude Delacroix, directeur de la radio, la prudence est de mise.

PRODUCTIONS PROPRES RÉDUITES

Concernant la télévision, les administrateurs ont préféré reporter l'adoption des nouvelles grilles à la semaine prochaine. Un vent favorable nous a toutefois permis de jeter un oeil sur le projet de remaniement - valable pour la période allant du 1er

janvier au 30 mai 2002 - des grilles.

Comme attendu (`La Libre´, 6/12), la case des magazines d'information du mercredi soir - dans la foulée du JT - accueille `Cartes sur table´. La fréquence de ces magazines (`Faits divers´, `Au nom de la loi´, `Appel à témoins´, `Strip-Tease´ et `Droit de cité´) sera réduite pour faire de la place en juin à la couverture de la Coupe du monde. Autant de productions propres en moins qui permettront de générer des économies et... couvrir le coût de la `World Cup´ (115 millions de francs au total).

Parmi les autres changements, on épinglera le remplacement de la séquence quotidienne (19 h 25, La Une) `Tous sur orbite´ par les `Faux contacts´ de Manu Thoreau. D'autre part, pour respecter le nouveau contrat de gestion - qui ne permet plus de diffuser trois séries d'affilée -, `Parker Lewis´ (diffusé vers 15 h 45) céderait la place à l'excellente émission pour enfants `C'est pas sorcier´, qui abandonnerait ainsi son rythme hebdomadaire. Enfin, `Papa, maman et moi´, bimensuel, sera alimenté par 13 documentaires achetés à La Cinquième.

Et les magazines culturels? Le point devrait être âprement discuté en CA, jeudi prochain. Le projet, tel que soumis par le directeur de la télévision, Gérard Loverius, prévoit une `nouvelle dynamique´ pour l'émission `Courant d'art´ et de `fusionner´ dans une nouvelle case culture `OEuvres en chantier´ et `Intérieur nuit´. De quoi convaincre Richard Miller?

© La Libre Belgique 2001