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Majorité et opposition se sont accrochés mardi au parlement de la Communauté française à propos de la présence de la publicité à la RTBF. MR et Ecolo on pressé la ministre d'organiser un débat parlementaire sur le financement de la radio-télévision publique. Quant à la majorité PS-cdH, elle propose un triple débat, portant sur la publicité dans le service public audiovisuel, les stereotypes sexistes dans les programmes et la violence à la télévision.

La question du financement du service public a repris vigueur en Communauté française après les déclarations du président français annonçant la fin de la pub sur les chaînes publiques et la récente demande d'avis de la Commission européenne envoyée aux Etats membres dans la perspective d'une nouvelle directive TV. Celle-ci pourrait s'en prendre à ce que certains considèrent comme un "surfinancement" des missions de service public par les autorités de certains Etats.

Au parlement, Richard Miller a réclamé de la part du gouvernement une réelle définition des missions de service public de la RTBF et un débat sur le financement de celle-ci par la publicité. Il veut que le gouvernement communique la réponse qu'il fera à la Commission, que le parlement en débatte et vote avant le 10 mars, date à laquelle la position des Etats membres doit être communiquée à l'Europe.

Pour Ecolo, Yves Reinkin a lui aussi réclamé un débat "plusieurs fois sollicité". Pour les VerIs, il est impossible d'éviter plus avant un débat de fond à propos des missions et sources de financement de la RTBF. L'actuelle consultation européenne est susceptible de menacer l'équilibre financier de la radio-télévision publique et sa ligne éditoriale, estime Ecolo. MR et écologistes ont déposé une proposition de résolution pressant la tenue d'un tel débat au parlement.

Du côté de la majorité, Julie De Groote (cdH), Léon Walry (PS) et la ministre ne se sont pas privés de rappeler qu'au cours de la discussion du dernier contrat de gestion de la RTBF, M. Miller s'était prononcé en faveur de l'augmentation du plafond de ressources publicitaires de la RTBF et contre l'interdiction des coupures publicitaires pendant les fictions. "Mais nous n'avons pas voté ce relèvement du plafond", a rétorqué le député MR. Mme Laanan a répondu qu'elle préparait sa réponse européenne avec la Communauté flamande, qui a déjà été soumise à une enquête européenne pour son service "SPORZA". Mais la consultation européenne ne doit pas inquiéter outre mesure, a-t-elle dit.

La ministre a assuré avoir toujours soutenu la tenue d'un débat parlementaire sur la publicité, la violence et les préjugés dans les médias. Elle présentera aussi la position du gouvernement face aux questions de l'Europe dès que la réflexion sera terminée. Au passage, elle a accusé le MR de s'enrhumer lorsque M. Sarkozy tousse et reproché aux écologistes de rallier les fantasmes du MR avec la terminologie démagogique de "télévision commerciale d'Etat".

Quoi qu'il en soit, pour Mme Laanan, si personne n'aime la publicité à la télévision, la RTBF ne peut financièrement s'en passer; la Communauté française n'a pas les moyens de la France pour financer un service public de télévision. "Je ne veux pas que l'on joue les apprentis sorciers avec la RTBF", a-t-elle dit. Elle estime par ailleurs que les missions de service public de la RTBF sont bien définies dans son contrat de gestion et que la chaîne est contrôlée tant par le Conseil supérieur de l'Audiovisuel que par le gouvernement.

En fin de débat, Anne-Marie Corbisier a demandé, au nom de la majorité, l'organisation d'un débat parlementaire sur la publicité, les stereotypes sexistes et la violence à la télévision. Cette proposition sera à l'ordre du jour de la prochaine Conférence des présidents et la proposition de résolution de l'opposition sera examinée par la Commission de l'Audiovisuel.