Le “Trophée des Belges du bout du monde” sera remis en décembre à des Belges francophones installés à l’étranger et y faisant rayonner la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les lecteurs de “La Libre” et les auditeurs de La Première sont invités à élire le lauréat dans trois catégories de ce concours inspiré de l'émission d'Adrien Joveneau, Les Belges du bout du monde.À vous de choisir entre les trois candidats, via le formulaire ci-dessous  !

Culture et art de vivre

Virginie Pierre (Guinée-Conakry) et Icônes Guesthouse

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Donner envie aux jeunes d’investir leurs talents en Guinée.

En saison des pluies, le lieu est quasi inaccessible. Le reste de l’année, c’est presque le paradis : faune et flore luxuriantes, cascades… A 1200 mètres d’altitude, en plein du cœur du Fouta Djallon, massif montagneux guinéen, la Liégeoise Virginie Pierre, 51 ans, a créé une maison d’hôte, Icônes Guesthouse. Le concept ? “J’avais envie d’ouvrir une maison d’hôte dédiée aux échanges de savoir-faire. J’organise des résidences d’artistes, d’entrepreneurs. Par exemple, j’ai invité Benoît Segonds, un boulanger belge qui fait du pain bio. Il est venu enseigner la fabrication du pain au levain naturel à des jeunes. Mais lui-même a appris des choses aussi ! J’aimerais aussi inviter un torréfacteur. Ce n’est pas un hôtel, c’est d’abord une maison qui est dédiée soit à des échanges de bonnes pratiques, soit à des résidences d’artistes : il y a eu un styliste, des musiciens. Leur présence a une valeur ajoutée car il y a des échanges avec les gens. Par exemple, dans la population locale, il y a des femmes qui sont spécialisées dans la teinture à l’indigo. Les hommes tissent, les femmes peignent les tissus. On a une textile designer belge qui a retravaillé les tissus locaux. On a aussi un groupement de femmes qui fabriquent des paniers. Pour ma part, j’essaie d’insuffler une vision entrepreneuriale à leurs projets.” En Belgique, Virginie Pierre fut l’initiatrice du réseau Diane, le réseau d’affaires féminin et est d’ailleurs arrivée en Guinée en tant qu’expert en entreprenariat féminin. Elle insiste d’ailleurs sur le fait “qu’elle n’est pas une ONG mais une femme entrepreneur qui finance sur fonds propres ses projets”. Elle essaye, avec Icônes Guesthouse, “de donner envie aux jeunes locaux d’investir en Guinée plutôt que de tenter l’aventure (de l’émigration) et de mourir en mer”. C’est d’ailleurs après le décès en mer de l’un de ces jeunes de sa connaissance qu’elle a décidé de lancer la maison d’hôte.

Sophie Bourlard (Canada) et les Macarons de Sophie

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Une reconversion professionnelle dans la pâtisserie. A la saveur belge.

"Ce n’est pas comme si ça a été réfléchi, j’étais prise par une nouvelle passion ! Je n’arrivais plus à me concentrer sur autre chose !”Après avoir suivi son mari à Seattle pour le travail de celui-ci, la famille, ayant pris goût au style de vie nord-américain, s’est installée au Québec en 2010. Mais chez Sophie, son amour de la pâtisserie a pris le dessus sur l’intérêt qu’elle éprouvait pour son métier de secrétaire. “Assez fonceuse” – mais il faut dire aussi que le marché de l’emploi est favorable au Québec –, elle a donc décidé de se lancer dans la production de macarons, depuis… la cuisine familiale. “En fait, ici quand on arrive au Canada, quand on goûte la cuisine locale, il y a des choses qu’il n’y a pas au Canada et qui nous manquent de la Belgique. Donc, j’ai commencé à faire du pain, mais aussi des desserts, avec notre tarte au riz, des couques au beurre… Je voulais retrouver les saveurs qu’on avait chez nous.” A l’un de ses anniversaires, elle reçoit d’une amie une formation sur les macarons. Poussée par ses proches, elle décide d’en faire son nouveau métier, et cela continue depuis 2016. L’option des “Macarons de Sophie” : proposer des saveurs classiques, mais des goûts typiquement belges, ce qui permet de se démarquer : spéculoos, cuberdons, bière, ou même Chokotoff, qu’elle fait au préalable longuement fondre dans la crème. “J’utilise aussi du vrai chocolat belge.” “Mon but, pour les gens, c’est que les saveurs les emportent.” Sophie Bourlard, d’origine carolo, fournit ainsi la délégation Wallonie-Bruxelles, mais aussi de petites et plus grandes entreprises comme une société de croisière implantée dans tout le Québec. En plein développement, Sophie, 44 ans, a dû quitter la cuisine familiale pour un local plus adapté et vient d’engager son deuxième employé.

Gauthier Lagasse (Vietnam) et la craft beer Belgo

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Offrir une expérience belgo-belge au travers de leurs bières et autres spécialités culinaires à Saigon.

Pour arriver au succès, les obstacles furent multiples. S’il devait citer tous les défis auxquels il a dû faire face, “la liste serait superlongue”, s’amuse à présent le Wavrien d’origine Gauthier Lagasse, installé au Vietnam depuis 2013 et qui y produit de la bière belge, qu’il vend ensuite dans son restaurant à Ho Chi Minh Ville (Saigon). “Mais le défi principal, c’est que c’est un pays très compliqué quand on veut y faire du business. La législation y est volontairement floue, spécialement quand des étrangers veulent tenter leur chance ici et y investir. C’est extrêmement corrompu. Et puis, comme dans beaucoup de pays ici la production de bière est nationalisée. En fait, c’est un peu comme dans la phrase ‘ils ne savaient pas que c’est impossible alors ils l’ont fait !’. Il y a eu un peu d’inconscience et de naïveté de notre part au départ, mais tant mieux… C’est un peu le cas de tous les entrepreneurs !” Par ailleurs, le jeune homme de 37 ans, qui a toujours eu envie de créer sa propre entreprise, a aussi “toujours un peu été frustré du manque de fierté des Belges, alors qu’on a un pays canon et énormément de choses à faire valoir.” Dans un pays où la bière est de toutes les fêtes – et un marché en croissance car la classe moyenne se développe et est curieuse de nouveauté-, l’idée lui est donc venue de produire de la bière belge, la Belgo. Mais en axant le positionnement sur une bière de “niche”, de qualité supérieure, “presque élégante”. Le maître brasseur est un Belge vivant au Vietnam. Gauthier Lagasse a ouvert un gastropub, où l’on peut consommer la bière et déguster des plats belges – moules-frites et vol-au-vent, mais à la manière vietnamienne, c’est-à-dire en partageant les plats. Le lieu permet aussi de découvrir la culture belge ; des BD sont ainsi disponibles pour les curieux… Vu le succès, un deuxième gastropub ouvre dans deux semaines.

Catégorie innovations

"Solarly " Jean-Grégoire Orban de Xivry (Afrique Subsaharienne)

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Un accès facile à l’électricité, des opportunités de revenus et une indépendance énergétique.

En Afrique, deux personnes sur trois n’ont toujours pas accès à l’électricité, en majorité dans les zones rurales. “Mais les pays en Afrique subsaharienne commencent à se développer, et l’humanité ne peut pas se permettre que tout le monde, en Afrique, demain, utilise des générateurs à pétrole. Partout dans le monde, aujourd’hui, il faut qu’on passe rapidement aux énergies renouvelables et qu’on quitte les énergies fossiles. Il faut qu’eux aussi, en Afrique, puissent profiter des énergies renouvelables pour réduire ce gap énergétique”, assure Jean-Grégoire Orban de Xivry, 29 ans, d’origine bruxelloise et cofondateur de Solarly, start-up qui a décidé de développer une solution solaire destinée à ces populations rurales d’Afrique.

Basée à Louvain-la-Neuve, elle est en train de s’implanter au Cameroun. Concrètement, l’entreprise a conçu des “boxs”, stations de panneaux solaires connectées (via SMS, on peut collecter les données à distance ; ce système permet aussi de payer par échelonnement) et modulables (on peut l’agrandir au fil du temps), qu’elle développe et installe sur place. La start-up forme des techniciens locaux, dans chaque région, pour prospecter en zone rurale et s’occuper de l’installation et de la maintenance. Ils ont aussi l’avantage de connaître bien les routes, car ces zones sont souvent difficiles d’accès.

Vu l’absence de réseau, la station solaire fonctionne avec une batterie, afin de stocker l’énergie pour la nuit. En Afrique, il existe déjà souvent des mini stations solaires capable de recharge un GSM par exemple. “Mais cela ne permet pas de lancer une activité génératrice de revenu. Nous, on est dans un système un peu plus puissant qui permet d’alimenter une télévision, plusieurs lampes, une machine à coudre. On a voulu vraiment développer un produit pour permettre aux gens de lancer une activité. Parmi les sutilisateurs aujourd’hui, ça va être par exemple une dame qui va lancer son salon de coiffure, avoir de l’éclairage, recharger sa tondeuse par exemple.”

"Ondanova surfboards" & Antoine Thys (Portugal)

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Sensibiliser les surfeurs aux problèmes liés à la pollution marine.

Depuis toujours amoureux de la mer – il a pratiqué la voile, puis le surf – et aimant travailler de ses mains, Antoine Thys, 33 ans, “combine à présent ses deux passions”. Après avoir été officier durant cinq ans dans la machine marchande, ce Bruxellois a cherché à se reconvertir et s’est installé au Portugal, pays de surfeurs, pour développer un atelier de planches de surf en bois. Pour préparer ce changement de carrière, il avait d’ailleurs suivi une formation en menuiserie et en construction navale. “Mais cette idée de planches de surf en bois, c’est partie d’une envie très très personnelle. Ce n’est pas vraiment parti d’une idée réfléchie, dans le sens ‘business’. Je n’ai pas fait d’études de marché. Je savais juste qu’il n’y avait pas beaucoup de monde qui faisait ça. Et moi qui faisais du surf, je n’avais pas envie de surfer sur des morceaux de plastique – ces planches sont difficilement recyclables –, ça me dérangeait dans ma conception de comment j’avais envie de vivre. Et j’ai remarqué qu’en faisant ces planches en bois pour moi, les gens s’y intéressaient et petit à petit, ça s’est transformé en business.”

Pour les rendre légères et efficaces, “comparables aux planches modernes”, Antoine Thys allie les technologies classiques de menuiserie et les technologies modernes de conception 3D par ordinateur. Particularité : Antoine Thys organise des ateliers pour apprendre aux clients à comment faire leurs planches. “Les avantages, c’est que ces planches sont facilement faisables à la maison, mais elles sont aussi écologiques et plus résistantes. Et ce sont des prix normaux.” Les planches peuvent garder l’aspect bois naturel, soit être peintes. Comme le bois vit, il faut cependant davantage en prendre soin que pour le plastique et elles ne peuvent pas non plus être utilisées en compétition, en raison du poids atteint.

"Observatoire astrophysique de Javalambre " & Bernard Lentzen (Espagne)

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Etudier et découvrir ce que nous ne connaissons pas de l’espace qui nous entoure.

D’origine eupenoise, âgé de 43 ans, Bernard Lentzen s’est installé en Espagne pour exercer son métier d’architecte. Un choix logique pour lui après un séjour à Valence en tant qu’étudiant Erasmus. Désormais, Bernard travaille pour les Belges, Français et Allemands qui sont installés sur place, mais il compte aussi dans son portfolio la construction d’un observatoire astronomique. Cet Observatoire astrophysique de Javalambre se trouve dans la région de Teruel (Aragon), sur le Pic de Buitre, à 1956 mètres d’altitude. Ce fut un vrai défi technique, selon Bernard Lentzen, qui a réalisé les plans de l’observatoire, doté de cinq bâtiments en plus des coupoles pour les télescopes.

“Il fallait éviter la moindre altération dans la luminosité, et la moindre déperdition de chaleur, explique Bernard Lentzen. La lumière provoque une mauvaise visibilité pour le télescope et la chaleur risque de créer une sorte de brouillard, ce qui donne de mauvaises images. Alors qu’on se trouve dans des conditions météo très adverses : en été, il peut y avoir 40°C et en hiver, moins 15°C, c’est enneigé. Or, dans ces bâtiments, les gens vivent, travaillent, ce qui nécessite air conditionné et chauffage. Tout cela doit rester dans l’enveloppe, pour que l’air ne soit pas troublé à l’extérieur. Il faut donc une bonne isolation.  Par ailleurs, il fallait aussi une bonne intégration dans le paysage ; il a donc fallu créer une structure discrète, sauf pour le télescope lui-même qui lui est à une hauteur importante, pour arriver à avoir des belles images.” L’endroit a été choisi pour sa concentration de population très basse et donc sa pollution lumineuse limitée, ce qui permet de bien voir les étoiles. L’observatoire a entre autres pour mission d'étudier la matière sombre, ce mystérieux composant de l'Univers dont on ignore la nature.

A noter que le centre à l’accent fortement belge puisque, outre son architecture, les télescopes ont été fabriqués par la société Amos situé à Liège.

Catégorie solidarité

"Fotbal pro Rozvoj" & Ansley Hofmann (République Tchèque)

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Le football pour le développement

Né d’un père allemand et d’une mère originaire de l’île Maurice, ayant grandi à Tervuren, ayant fait des études dans une école internationale à Bruxelles, puis en Allemagne et en Grande-Bretagne, Ansley Hofmann, 31 ans, a l’habitude des différentes cultures. Celle de la Tchéquie – “j’ai beaucoup d’affinités avec les gens, ils sont ouverts, proches de la nature, ont la fibre sociale” – l’a séduit dès qu’il l’a découverte en 2011 lors de l’une de ses missions comme bénévole, dans le projet “Football pour le développement”. Ce diplômé d’un master en développement en est désormais responsable.

Le concept de base : favoriser, grâce au football, le développement social des jeunes de milieux défavorisés, principalement dans les banlieues de grandes villes. L’association travaille en collaboration avec trente centres sociaux. “Cela permet de développer certaines compétences : communication, prise de décision, travail d’équipe, fair-play…, énumère Ansley Hofmann. Le but étant qu’ensuite, ils utilisent ces compétences dans leur vie professionnelle et personnelle. Une des méthodes utilisées est le “football 3”, né en Colombie. Ces matchs de football se jouent… sans arbitre. Les équipes se mettent d’accord sur les règles avant la partie, et mènent aussi une discussion après le match, pour débriefer celui-ci ainsi que leur comportement et s’accorder des points de fair-play. “On veut aussi montrer à ces jeunes que le football, ce n’est pas que le foot-business, ou quelque chose qui favorise la controverse, précise Ansley. Au début, lorsqu’on a développé ce football à 3 à Prague, il y avait d’ailleurs beaucoup de conflits entre les jeunes, par exemple, de quartiers différents. Mais avec cette méthode, petit à petit, cela a baissé, parce qu’on leur donnait cet espace après le match pour ventiler leurs émotions et leurs frustrations.”

"La réserve communautaire des Monts Bleus" & Anne Laudisoit, biologiste / Caroline Thirion, reporter (RD Congo)

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Maintenir la biodiversité et éviter la disparition à terme des populations de chimpanzés dans une forêt de RDC.

En mai 2017, pour un documentaire, la réalisatrice Caroline Thirion a suivi la biologiste Anne Laudisoit et des confrères scientifiques de l’Université de Kisangani (RDC), réalisant un premier inventaire de la faune et de la flore dans ces régions très isolées de l’Ituri. Ils ont décidé de se concentrer sur un lambeau de forêt – la région a été massivement déforestée ces dernières décennies – à flanc de montagne, dans le plateau de Lendu. Focus de cette recherche : la présence possible, dans l’un de ces vestiges forestiers, de chimpanzés. L’équipe scientifique sera la première à décrire cette “poche de vie”, ce “petit laboratoire du vivant”, îlot de forêt de quelques kilomètres carrés, et à filmer ces chimpanzés.

Désormais, elle développe des projets de conservation pour cette zone des Monts bleus, impliquant les communautés locales. Il s’agit entre autres de réduire la déforestation dans la zone et de protéger la biodiversité de ces forêts. “Depuis avril, des guides villageois rencontrent les différents chefs coutumiers sur la chaîne des Monts bleus pour savoir quelle énergie et quel terrain ils sont prêts à mettre à disposition. C’est la ‘cartographie’, explique Anne Laudisoit. Les gens sur place se rendaient déjà compte par exemple que moins il y a de forêts, moins il y a d’eau. En fait, les communautés locales avaient initié ce projet, mais n’ont jamais eu de soutien pour argumenter politiquement. Nous, on est arrivés avec la science qui leur a donné des arguments en documentant ce qu’il y avait dans ces forêts.” Le projet prévoit entre autres de trouver des alternatives au bois de chauffage et de construction – jusqu’ici abattus dans les forêts par la population – en mettant en place des pépinières d’arbres à croissance rapide ainsi que natifs. Mais aussi de développer des activités génér

Concrètement, ce projet vise donc tout d’abord à préserver ces petites forêts reliques et toutes les richesses qu’elles contiennent en faune et flore en tentant de les faire classer comme " réserves à gestion communautaire ". Et ce, à la demande, et avec le concours, des représentants locaux (chefs coutumiers), des guides et porteurs, devenus de véritables amis et ambassadeurs du projet ainsi que des instituts de formation sur place.

Le projet comprend aussi entre autres tout un volet d’éducation à l’environnement, qu’elles souhaitent développer avec le concours des chercheurs congolais de l’Université de Kisangani, notamment via le " Jardin de Mbudha " : une pépinière gérée par les enfants des écoles des Monts Bleus. Un programme de développement de l’agroforesterie permettra aussi d’améliorer les rendements agricoles et de favoriser la plantation d’arbres à croissance rapide.

L’exposition " Voices of the Wind " & Marie-Pierre Lissoir (Laos)

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Préserver et célébrer les instruments traditionnels des minorités du Laos.

Originaire de Ciney, Marie-Pierre Lissoir, 33 ans, a grandi dans la ferme qu’exploitent toujours ses parents. Elle s’est cependant établi à 12 000 kilomètres de là, au Laos pour exercer son métier d’ethnomusicologue. “On étudie le rapport entre l’humain et la musique.” C’est durant son mémoire, puis sa thèse qu’elle a découvert ce pays d’Asie du Sud-Est, qui comprend une grande diversité de groupes ethniques avec leurs propres cultures musicales, et surtout dont elle ne connaissait pas du tout la musique, au départ. “Ce qui me plaît, c’est d’entendre des sons, des types de musique, des timbres d’instrument que je n’ai jamais entendu.” Marie-Pierre travaille désormais comme chercheuse dans un petit musée privé laotien, consacré à la culture des minorités ethniques du Laos. Son dernier projet ? Réaliser une exposition sur la musique traditionnelle laotienne.

“Ce sont les paysans qui portent la culture musicale au Laos, par exemple pour dire les sentiments qui s’expriment ici plus en musique que de façon directe ou verbale.” L’exposition Voice of the winds s’intéresse en particulier aux instruments à vent. Très variés, faits de bambou ou de feuilles d’arbres – pour un langage sifflé –, ils sont parfois très éphémères. Une façon aussi de rendre les membres de ces ethnies parfois mal considérées, fiers de leur culture. Mais aussi de préserver les usages musicaux qui sont parfois en train de changer. L’équipe du musée s’est rendue sur le terrain pour rassembler le matériel, avant de revenir dans les villages, avec une exposition itinérante. L’accueil a été très positif, dit Marie-Pierre, qui se souvient des enfants jouant des heures avec les instruments présentés, au grand étonnement de plus âgés. Marie-Pierre entend bien à présent continuer cet archivage de musiques traditionnelles au sein du musée.