Des commémorations sans excès

Ni du côté du disque classique en plein marasme ni du côté de la scène, il ne faut attendre d'événement majeur, sauf chez Harnoncourt. L'année Verdi ne sera pas, loin s'en faut, l'occasion de commémorations exceptionnelles. D'un côté, l'industrie du disque classique est dans un tel état de crise que les nouveautés seront rares; de l'autre, la traditionnelle parcellisation des initiatives fait que même l'Italie ne proposera que des manifestations plutôt éparpillées et d'un intérêt inégal.

NICOLAS BLANMONT

L'année Verdi ne sera pas, loin s'en faut, l'occasion de commémorations exceptionnelles. D'un côté, l'industrie du disque classique est dans un tel état de crise que les nouveautés seront rares; de l'autre, la traditionnelle parcellisation des initiatives fait que même l'Italie ne proposera que des manifestations plutôt éparpillées et d'un intérêt inégal.

L'«AIDA» DE HARNONCOURT

Côté disques, on attend avec impatience l'«Aida» de Nikolaus Harnoncourt, et avec intérêt le premier «Falstaff» sur instruments d'époque, gravé par John Eliot Gardiner (qui le dirigera également au Châtelet de Paris du 25 avril au 2 mai).

Riccardo Chailly, quant à lui, vient d'enregistrer des oeuvres religieuses rares, et Philips annonce trois raretés qui viendront compléter la collection d'opéras oubliés enregistrée par Lamberto Gardelli dans les années 70: «Alzira», «Jerusalem» et «Aroldo».

Decca proposera d'ailleurs dès mars un double CD abondamment documenté et illustré réunissant un ou plusieurs extraits de tous les opéras de Verdi, dans des enregistrements puisés dans le fonds Universal.

EMI, enfin, vient de rééditer en CD «Les introuvables du chant verdien», passionnant coffret d'enregistrements mémorables de l'histoire de l'interprétation verdienne réalisé voici une quinzaine d'années en collaboration avec la revue «L'avant-scène Opéra».

GUÈRE D'ORIGINALITÉ SUR SCÈNE

Sur scène, il y aura beaucoup de Verdi mais souvent avec peu d'originalité dans le choix des oeuvres. La Monnaie affichera avec Antonio Pappano «Otello» dès le 7 février, avant «Macbeth» en juin et, probablement, «Aida» la saison prochaine.

A l'ORW, c'est «Ernani» que l'on pourra voir en octobre prochain. Côté festivals, Orange et Vérone mettront le paquet avec des programmes entièrement dédiés à Verdi, tandis que Salzbourg présentera un nouveau «Falstaff» (Abbado à Pâques, Maazel en été) et une reprise de «Don Carlo», Aix affichant également «Falstaff» (Salonen).

Pour les raretés, hormis l'«Ernani» liégeois, il faudra voyager. Marseille ose «I Lombardi» (20 au 31 mars), Bologne «Un giorno di regno» (4 au 13 avril), et Rome «I due Foscari» (8 au 22 novembre), tandis que Vienne ressort de son répertoire tout au long de l'année «Stiffelio», «Jerusalem», «Ernani» ou «Ivespri siciliani». A suivre aussi, un «Falstaff» original, celui donné par Riccardo Muti dans la mise en scène de 1913 à Bussetto, la petite ville d'Emilie-Romagne où vécut le compositeur.

QUELQUES SITES

Pour plus de renseignements, on consultera quelques sites Internet particulièrement bien documentés. Le must est sans nul doute www.giuseppeverdi.it, site de la Société Verdi, qui comprend notamment un musée virtuel, une carte avec visualisation des lieux aimés de Verdi et un agenda avec moteur de recherches de toutes les célébrations du centenaire.

Dans le même ordre d'idées, plus modeste mais avec des propositions de séjour, on visitera www.bussettolive.com, site de la ville de Bussetto. Intéressants également, www.r-ds.com/ opera/verdiana, un site privé de qualité, et www.viva-verdi.com, site de promotion des disques Universal mais néanmoins instructif.

© La Libre Belgique 2001

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