Bis repetita «Esperanzah!»

Son point d'exclamation, son nom et, cerise sur le gâteau, le sourire qui éclaire les affiches en disent long sur la place qu'entend tenir le festival Esperanzah! dans le calendrier des festivals d'été.

Bis repetita «Esperanzah!»
©Esperanzah !
C.Pt

Son point d'exclamation, son nom et, cerise sur le gâteau, le sourire qui éclaire les affiches en disent long sur la place qu'entend tenir le festival Esperanzah! dans le calendrier des festivals d'été. A l'abri du gigantisme qui caractérise quelques-uns de ses confrères, la première du Festival avait rassemblé l'année dernière 4000 personnes sur le site de l'abbaye de Floreffe. Pas mal pour un coup d'essai, qui plus est en terre wallonne.

Les complaintes de la butte

Et puis, confiné au sommet de sa butte, Esperanzah! est assuré de ne ressembler à aucun autre, même si les comparaisons ne tardent pas à venir à l'esprit. «World music», le rendez-vous floreffois multiplie les points de comparaison avec ses deux grands frères bruxellois (Couleur café) et néerlandophones (Sfinks). Sans que l'intérêt de la chose ne s'en trouve amoindri. D'autant plus qu'après une première tombée fort à propos, qui avait accueilli des personnalités comme Tryo, La Ruda Salska, Habib Koité ou l'Haïtienne Marlène Dorcena, le festival de la butte multiplie pour sa deuxième édition les raisons de se bouger, et ce dès vendredi soir, direction Namur, suivez Floreffe.

Assez fruité pour colorer la grisaille d'un week-end d'août en 2002, le plateau se garnit à nouveau d'une jolie brochette de musiciens, à savourer en dessert ou en entrée. Parce que, on aurait du mal à le taire, les marchés et cuisines du monde, les bars à vin et à cocktail qui essaiment sur le terrain de jeu d'Esperanzah! lui confèrent ce petit plus qui fait, comme à Couleur café et au Sfinks, la différence.

Mixte engageant

Pas au point toutefois de reléguer dans l'ombre une programmation aussi prometteuse que pour le coup d'essai de 2002.

Elle n'est plus étrangère aux festivaliers belges depuis la fin juin et son passage sur le site de Tour et Taxis. Mais elle avait déjà fait un petit bout de chemin avant de révéler son album «Enchilao». Dans le sillage de son pote Manu Chao, Amparo Sanchez, alias Amparanoïa, mettra à nouveau ses musiciens à contribution le vendredi soir, sur la scène Côté Jardin, où blues, jazz, rock n'roll et soul seront condamnés à trouver le bon accord avec d'autres styles musicaux ayant pour noms salsaranchera, punk, boléro, cumbia... Che Sudaka, Cheb Balowski et Ialma ayant préparé le terrain dès 18h30, on se doute que l'Espagnole, engagée notamment dans la lutte des Indiens du Chiapas n'aura pas trop de peine à faire sien le public namurois. Attisés, les appétits trouveront ensuite de quoi se contenter à la «fiesta des DJ» données côté Cour avec Ashanti 3000, Dread Pressure, DJ Ree Doo, Lion I et DJ Protesta.

On rempile le samedi avec le même cocktail de convivialité, où se côtoient public alternatif et familles en goguette. Les premiers coups de fusil à 14h30 et 15h30 permettent de quitter quelque peu le continent sud-américain pour la Roumanie, avec Mahala Raï Banda d'une part et l'Inde avec Studio Pagol d'autre part. Si le point culminant de la journée est la venue d'Eliades Ochoa (du Buena Vista Social Club), on aurait pourtant tort de négliger les performances des quatre frères et soeurs, multi-instrumentistes, des «Ogres de Barback et la fanfare du Belgistan». Sans oublier encore les langueurs tsiganes de Thierry «Titi» Robin.

Dimanche, Esperanzah! déroulera encore ses fastes et ses étals, ses scènes et ses lieux de rencontre, où trouveront place le Cubain Omar Sosa, les Français de La Rue Ketanou, à côté d'une affiche franco-belgo-brésilienne (Babylon Circus, les Caméléons, Amistad, et le Trio Mocoto).

© La Libre Belgique 2003

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