De Leone en Poisson, belles histoires

S.L.

A côté des bonnes machines rock'n'roll (lire ci-dessus), de la programmation clairement festive du Village et d'une nuit électro, il restait quelque place, ce dimanche à Spa, pour la chanson plus intimiste.

Comme les Bruxellois de Balimurphy (où chantait précédemment une certaine Marie Warnant) et les Liégeois d'Orfeo, respectivement troisième et second prix du Franc'off 2006, la Namuroise Alix Leone, gagnante du concours spadois - après le tremplin de «Mars en chansons» en 2004 - a eu l'occasion de se produire une seconde fois dans le Village. Une révélation qui ne devrait pas en rester là. Belle voix assez grave sans aspérités, chant juste, la jeune auteur-compositeur-interprète de 24 ans, Chloé Adam de son vrai nom, comédienne de formation, un «cinq titres» auto-produit à son actif, force le respect tant par ses textes, mélancoliques et ironiques (on songe à Linda Lemay) que par ses musiques, qui flirtent ici et là avec la bossa nova, le jazz... Biberonnée à Michel Jonasz, Barbara, Léo Ferré (dont elle reprend «Est-ce ainsi que les hommes vivent?»), Jacques Higelin, Art Mengo et la musique afro-cubaine, Alix est, de surcroît, bien entourée, notamment de ses cousines Line (piano) et Katty (violoncelle, sur le disque), et de son frère Hugo (batterie). Affaire à suivre.

Dans l'intimité du Salon bleu, Tom Poisson est - difficile d'éviter le jeu de mot tant il sied à la situation - comme un poisson dans l'eau. Le Français, entouré de trois musiciens qui la jouent tout en douceur (ambiance piano-bar, pointes de bossa ou pop légère) promène le public dans ses contes doux-amers ancrés dans le quotidien. Il y a la caissière qui voulait faire du cinéma, le vent qui «soulève les jupettes» - Souchon, avec lequel il présente plus d'un point commun, n'est pas loin -, le commercial qui s'est «perdu en route». Ces invitations bucoliques à changer de vie, à «vivre à la campagne» et tous devenir «jardiniers». Frais, authentique, l'épicurien Poisson est à consommer sans modération.

© La Libre Belgique 2006