Une raie manta dans la (new) wave

De son passage aux Ardentes ne seront parvenus que très peu d'échos. Pourtant, on ne peut pas dire que Siouxsie est du genre à passer inaperçue. All Access, le blog musique de la Libre BOEUF, votre blog musical L'agenda festival de cet été

Une raie manta dans la (new) wave
©Christophe Bortels
Alexandre Alajbegovic

De son passage aux Ardentes ne seront parvenus que très peu d'échos. Pourtant, on ne peut pas dire que Siouxsie est du genre à passer inaperçue. Aussi, sa présence aux Lokerse Feesten était l'occasion de voir l'icône à l'oeuvre, après avoir écouté et réécouté son excellent opus "Mantaray" (sorti en octobre 2007).

Après les Pistols, samedi dernier, le Bromley Contingent propulsait donc une autre de ses membres sur la scène du Groot Kai. Là, entourée d'un trio guitare-basse-batterie, d'un clavier et d'un xylophone, "The Ice Queen" ouvre sur "They Follow You". Le morceau, aux allures d'hymne new-wave, est malheureusement saccagé par un son catastrophique. La voix de Siouxsie, pourtant puissante, peine à se frayer un chemin au milieu des instruments. Dieu merci, dès "It's About to Happen", la donne était revue et l'on pouvait (enfin) apprécier la voix de Siouxsie à sa juste valeur. Pour ce qui est du show, on n'avait pas eu besoin de s'armer de tant de patience.

Moulée dans une combinaison synthétique noir et argent, glam à l'envi, Siouxsie se moque bien de sa cinquantaine. De grands écarts aux chorégraphies froides et pourtant si sensuelles, l'Anglaise se donne sans relâche. Après le jamesbondien "Here Comes That Day", Siouxsie ouvre la boîte à souvenirs avec "Christine". Dans la foulée, on reste dans le mythique album "Kaleidoscope" (1980) avec "Happy House". Visiblement plus calé sur cette époque que sur le dernier opus, le public du Groot Kai se réveille quelque peu. "Arabian Knights" et "Night Shift" refermeront la parenthèse sur le passé, une parenthèse dans laquelle le son n'atteindra jamais celui de l'époque des Banshees.

Si bien que quand Siouxsie revient à "Mantaray", on se frotte les mains. Il faut dire que du disque à la scène, les morceaux gagnent en punch ("Loveless", "Into A Swan"). On regrette cependant que les plages plus sous-marines de "Mantaray" ("Drown Zone", "If It Doesn't Kill You"...) passent à la trappe. Probablement par souci d'énergie. Dommage, car c'est bien sûr sur ces morceaux que la voix de Siouxsie nous dresse les poils.

Après une petite heure, "The Ice Queen" cédait les planches à Massive Attack. On se sera délecté d'un "Teardrop", avant de se rendre compte que l'ami Horace n'était pas de la partie...