Amour, fête et solidarité

Amadou & Mariam présentent leur nouvel album, "Welcome to Mali". Une joyeuse entrevue à Bruxelles, étape de leur tournée européenne. All Access, le blog musique de la Libre Le clip de Sabali

Camille Perotti
Amour, fête et solidarité
©D.R.

rencontre

Après le très grand succès de l’album "Dimanche à Bamako", réalisé avec Manu Chao, le couple malien Amadou&Mariam présente son nouvel opus, "Welcome to Mali". Un titre et une musique à leur image, accueillants et chaleureux. Célébrant l’Afrique et l’amour, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, ont invité beaucoup d’"amis" pour l’élaboration de "Welcome to Mali". Damon Albarn, Mathieu Chédid, le rappeur somalien Knaan ou encore Keziah Jones insufflent des tonalités funky ("Welcome to Mali"), rock ("Masiteladi") et même électro pop ("Sabali") à certains morceaux, même si Amadou, auteur-compositeur, reste aux commandes de la majorité des titres, conférant une âme résolument africaine à l’album.

Rencontre pleine de chaleur lors de leur étape européenne à Bruxelles, avant d’entamer une tournée aux Etats-Unis en première partie de Coldplay et de revenir, à Couleur Café.

Dans "Welcome to Mali", vous racontez l'Afrique ? Votre Afrique ?

Mariam : Dans nos chansons, on voulait raconter ce qui se passe au Mali parce que beaucoup de gens ne sont pas allés dans ce pays. Les Maliens sont très accueillants, on le répète dans les chansons.

Amadou : Effectivement, on raconte la gentillesse des Maliens, parce que c’est un peuple accueillant et qui aime beaucoup les échanges. Partant de cela, il faut signaler qu’il y a beaucoup de villes au Mali qui sont très bien, Tombouctou Ces villes méritent d’être visitées. Si nous parlons surtout de l’Afrique c’est parce qu’en Europe, on la connaît mal. On parle des problèmes mais, au-delà de cela, il y a une autre beauté, une autre façon de voir et de connaître l’Afrique et c’est de cela que nous essayons de parler.

Une image partielle, donc...

A. : C’est cela, d’une manière générale, on se contente des problèmes mais personne n’essaie de voir nos capacités, nos qualités. Dans cet album, on essaie de montrer qu’en Afrique, il n’y a pas que la guerre, il y a la joie, la fête, la solidarité, la communauté

Pourtant, vous ne faites pas que transmettre de la joie, vous dénoncez aussi, notamment dans "Ce n'est pas bon".

M. : Nous chantons "En politique, l’hypocrisie, la démagogie et la dictature, ce n’est pas bon". C’est très important pour nous. On a dénoncé les mauvaises choses des politiciens qui ne tiennent pas leurs promesses. On dit aux gens : il faut s’entendre, il faut s’aimer

A. : Arrêter les guerres, les violences Dire aux uns, aux autres, ce n’est pas la peine de faire la guerre, nous sommes tous les mêmes, nous sommes tous issus d’une même famille ou bien amis ou voisins. Il faut adopter un comportement qui nous permet d’avancer et dénoncer ceux qui peuvent nous mettre en retard.

Ces belles idées qui semblent simples, forment, en réalité, l'essentiel ?

A. : Oui, il faut les répéter parce que les hommes ont tendance à les oublier très vite. Il faut profiter, sinon, on perd le nord, on s’énerve. Le fait d’en, parler permet de s’en rappeler et de penser qu’il y a des possibilités de mieux vivre ensemble et que sans l’amour on ne peut rien.


"Chaud! Chaud!" Chaude ambiance festive mercredi soir à l’Ancienne Belgique, comble, pour le duo malien Amadou&Mariam. " Est-ce que ça vaaaaaaaaaaaa ?", s’inquiète Amadou, d’une voix de stentor, entre chaque morceau. Allant à l’essentiel, le joyeux couple sait animer son public chantant en chœur. Ponctués des "Chaud ! chaud !" de Mariam, les morceaux de l’album "Welcome to Mali" et certains du "Dimanche à Bamako" s’enchaînent, les tonalités africaines - percussions - s’accordant avec les guitares électriques - dont Amadou est un fin joueur -, le synthé et la batterie. Propageant leur joie de vivre tout en ménageant quelques instants sérieux, comme l’interprétation d’une chanson sans lumières, au profit d’une ONG pour jeunes aveugles, A&M n’ont cessé de célébrer la fête. Avec eux, " Fini les soucis, vive les amis, Welcome to Mali".