Son Of Kick, enfant du beat

Cela fait quelque temps qu’on traîne nos oreilles gloutonnes dans ce terreau frais et grouillant de nouveaux artistes, qui s’étend de l’électro vitaminé au dubstep le plus sombre, en passant par le hip hop et même quelques hoquets breakbeat compulsifs.

Nicolas Capart
Son Of Kick, enfant du beat

Cela fait quelque temps qu’on traîne nos oreilles gloutonnes dans ce terreau frais et grouillant de nouveaux artistes, qui s’étend de l’électro vitaminé au dubstep le plus sombre, en passant par le hip hop - français ou grime - et même quelques hoquets breakbeat compulsifs.

Ce week-end à Liège, l’Israélien Borgore inondait les TransArdentes d’un son dont il est le récent inventeur, diabolique gorestep, alliant l’énergie du dubstep originel à la virulence du rap et une puissance toute métallique. Autant dire que le jeune homme ne fait pas dans la dentelle digitale, mais, avouons-le, a néanmoins le chic paradoxal de combiner finesse et explosion d’enceintes avec dextérité. Tout comme son collègue BassNectar, DJ/producteur des côtes californiennes, dans un style plus électro, certes, mais qui voue également aux sacro-saintes basses un culte prolifique. Les seuls "Boombox" et "Maximum" - aux côtés des MC’s de La Methode - suffiront à dérider les sceptiques.

Dans les couloirs de cette "scène", on croise aussi le génial DJ Troubl et son crew déjanté Antihero (dont nous recommandons vivement "Frais" et "Le Club des Quasi-cadavres"), les rappeurs londoniens de Foreign Beggars, le Français Grems et, de proche en proche, le prometteur Son Of Kick. Français expatrié en Angleterre, l’artiste aime brouiller les pistes et multiplie les avatars. " Je m’appelle Mika ou Son Of Kick, mais certains m’appellent Kicka ou Quiche. [ ] Mi-Français, mi-Israélien, je vis à Londres depuis treize ans et m’y implique en tant que producteur dubstep/broken/hip hop/electro/house Enfin, je rappe aussi, mais réserve cela à une poignée de privilégiés. .." C’est ainsi que l’homme se présentait l’an dernier dans la presse britannique. Après quelques ’EPs et singles détonants, Son Of Kick s’apprête à sortir son premier album sur son label WayWay Records. " Une affaire familiale ", se plaît-il à dire, mais qui est sur le point d’éditer un des albums les plus excitants de l’année 2011.

Notre premier contact avec Son Of Kick vu avant tout visuel. Des clips hallucinants qui portent une signature, celle du réalisateur Nicolas André, alias Neopen. D’abord, l’érotisme dérangeant de "Revolution B", tourné en 6h avec l’aide de NoizToy - une amie - qui épouse parfaitement la noirceur épileptique du morceau. Ensuite, le délire galopant "Guacha", qui met en scène trois MC’s sans camisole - Grems, Disiz (ex-La peste devenu Peter Punk) et Micro Coz -, sur fond de folie contagieuse, de chants tribaux (de Natalia Clavier) et d’électro-dubstep bondissante. On appelle ça une tuerie. Par conséquent, hors de question de manquer le passage du sieur à Bruxelles où il tâtera du vinyle à deux reprises cette semaine. En mode DJ au Bonnefooi ou avec son Grems fétiche au micro, le lendemain, du côté du Café Zebra. On nous y annonce du son, "de la peinture, de l’amour, des surprises et un gros bordel !". Son Of Kick, quant à lui, recommande le port d’un casque durant son set. Et décline toute responsabilité en cas d’accident.

* Bruxelles, Quest For The Beat (The Revenge) + Son Of Kick + Koko @Bonnefooi [rue des Pierres, 8], le jeudi 3 février dès 22h. Entrée gratuite ! Infos : www.bonnefooi.be.

Bruxelles, Blaow + Grems + Son Of Kick @Café Zebra [Place St-Gery, 31], le vendredi 4 février dès 20h. Entrée gratuite !