Gruff Rhys

Touche-à-tout prolifique à la voix de velours, Gruff Rhys aurait pu être le cousin honteux et déglingué de Jarvis Cocker. Ce chanteur gallois, volontairement égaré dans une pop psychédélique et polyphonique, a d’abord squatté les platines indés à la tête des Super Furry Animals dans les années 90. Son sens de la mélodie s’y est déversé le long d’une dizaine d’albums dont un dernier "Dark Days/Light Years" (2009) assez dispensable. L’artiste pro-gallois, aujourd’hui installé à New York, n’a toutefois pas attendu de voir son combo vieillir pour multiplier les side projects kaléidoscopes. Non content de mener sa barque en solo et de présenter son troisième effort isolé ce mercredi au Botanique, le chanteur a ainsi prêté sa voix à Mogwai, mais aussi à Gorillaz aux côtés de De La Soul sur l’accrocheur "Superfast Jellyfish". Pas toujours très heureux dans ses chemins de traverse, notamment sur la new-wave kleenex de Neon Neon en 2008, Rhys le stakhanoviste réalisait l’année dernière "The Terror Of Cosmic Loneliness". Un album enregistré en cinq heures aux côtés d’un réparateur brésilien de téléviseurs et de magnétoscopes (également inventeur d’un instrument hybride entre guitare électrique et boîte à rythme). Déborder du cadre pop psyché est d’ailleurs un mantra pour Rhys. Il réalisait ainsi, en 2011, "Separado !", road movie et documentaire à la recherche d’une branche perdue de sa famille qui émigra en Patagonie sous l’ère victorienne. Si on ne compte plus les groupes rock mettant paresseusement en abîme des ressentis voyageurs éprouvés pendant leurs tournées, Rhys choisit la voie de la dérision pour évoquer ses quatorze années de vadrouille. Sur "Hotel Shampoo", son troisième album solo, il rend ainsi un hommage décalé aux savons, brosses à dent, bonnets de douche et autres babioles cosmétiques jetables accumulés dans des chambres d’hôtel. Loin d’être un hôtel de charme comme le "Love Kraft" emballé avec les Super Furry Animals il y a six ans, la nouvelle savonnette psyché et lumineuse de Rhys invite toutefois à l’étape. On se repose volontiers au milieu des reverbs et claviers accrocheurs d’"Hotel Shampoo". Gruff Rhys, lui, est déjà client puisqu’il a construit une maisonnette improbable composée de centaines de cosmétiques éphémères à voir au Chapter Arts Centre de Cardiff au Pays de Galles. (M.-H.T.)

Touche-à-tout prolifique à la voix de velours, Gruff Rhys aurait pu être le cousin honteux et déglingué de Jarvis Cocker. Ce chanteur gallois, volontairement égaré dans une pop psychédélique et polyphonique, a d’abord squatté les platines indés à la tête des Super Furry Animals dans les années 90. Son sens de la mélodie s’y est déversé le long d’une dizaine d’albums dont un dernier "Dark Days/Light Years" (2009) assez dispensable. L’artiste pro-gallois, aujourd’hui installé à New York, n’a toutefois pas attendu de voir son combo vieillir pour multiplier les side projects kaléidoscopes. Non content de mener sa barque en solo et de présenter son troisième effort isolé ce mercredi au Botanique, le chanteur a ainsi prêté sa voix à Mogwai, mais aussi à Gorillaz aux côtés de De La Soul sur l’accrocheur "Superfast Jellyfish". Pas toujours très heureux dans ses chemins de traverse, notamment sur la new-wave kleenex de Neon Neon en 2008, Rhys le stakhanoviste réalisait l’année dernière "The Terror Of Cosmic Loneliness". Un album enregistré en cinq heures aux côtés d’un réparateur brésilien de téléviseurs et de magnétoscopes (également inventeur d’un instrument hybride entre guitare électrique et boîte à rythme). Déborder du cadre pop psyché est d’ailleurs un mantra pour Rhys. Il réalisait ainsi, en 2011, "Separado !", road movie et documentaire à la recherche d’une branche perdue de sa famille qui émigra en Patagonie sous l’ère victorienne. Si on ne compte plus les groupes rock mettant paresseusement en abîme des ressentis voyageurs éprouvés pendant leurs tournées, Rhys choisit la voie de la dérision pour évoquer ses quatorze années de vadrouille. Sur "Hotel Shampoo", son troisième album solo, il rend ainsi un hommage décalé aux savons, brosses à dent, bonnets de douche et autres babioles cosmétiques jetables accumulés dans des chambres d’hôtel. Loin d’être un hôtel de charme comme le "Love Kraft" emballé avec les Super Furry Animals il y a six ans, la nouvelle savonnette psyché et lumineuse de Rhys invite toutefois à l’étape. On se repose volontiers au milieu des reverbs et claviers accrocheurs d’"Hotel Shampoo". Gruff Rhys, lui, est déjà client puisqu’il a construit une maisonnette improbable composée de centaines de cosmétiques éphémères à voir au Chapter Arts Centre de Cardiff au Pays de Galles. (M.-H.T.)

Bruxelles, Botanique, le 10 mars, dès 20h., de 7 à 13 €. Infos : Tél. 02/218.37.32. Web : www.botanique.be et info@botanique.be