Un triple triomphe à l’AB : Selah classe

Depuis le temps que la demoiselle nous tournait autour Sans jamais s’être déplacés spécialement pour les ritournelles de Selah Sue, nous avions déjà pu y goûter maintes fois, au détour des festivals ou au gré des premières parties.

Nicolas Capart
Un triple triomphe à l’AB : Selah classe
©BELGA

Depuis le temps que la demoiselle nous tournait autour Sans jamais s’être déplacés spécialement pour les ritournelles de Selah Sue, nous avions déjà pu y goûter maintes fois, au détour des festivals ou au gré des premières parties. La faute à un buzz qui aura éclaté très tôt et projeté malgré elle la très jeune chanteuse de Louvain au devant de la scène. Mais une brève rencontre nous a permis de mieux cerner le personnage. Et, de mémoire, souvent le cocktail arrogance/confiance - bien dosé - aura marqué l’histoire musicale. Sa soif de notes, Selah Sue ne peut l’épancher. Sûre d’elle et affamée, son heure, elle l’attendait.

Le concert de ce samedi soir, comme celui de la veille et avant l’ultime du lendemain, se joue bien à guichets fermés. Après quelques foulées, on se met cependant à douter. Car les premières cordes grattées ne résonnent qu’à moitié. Sans même un salut introductif, Selah déroule deux titres acoustiques en solo où sa voix, qu’on sait pourtant impressionnante, trébuche maladroitement. Là, on se dit qu’une fois de plus on a lancé trop tôt dans l’arène un diamant brut made in Belgium qu’il aurait mieux valu tailler. Mais la belle monte dans les tours comme un diesel. Après quelques présentations sonores avec ses quatre complices de scène, par ailleurs plutôt bons musiciens, Selah Sue explose littéralement sur "Black Part Love". Elle aussi l’a senti. Quelque chose s’est passé. Et la voilà plus décontractée, "enfin sur scène pour la musique après toute cette ennuyeuse promo", plaisantant sur la langue à utiliser et optant finalement pour l’anglais

Si la chanteuse l’avait déjà tout acquis à sa cause, elle tient désormais ce public dans la paume de sa main, prêt à frémir, crier ou applaudir au moindre remous de sa voix au groove incomparable. Alors, quand s’échappe des instruments la mélodie d’intro du désormais fameux "Raggamuffin", c’est toute la salle qui tangue et s’assouplit les genoux. Autre single, autre succès, son duo "Please" voit Delvis se substituer à Cee-Lo Green - "Je n’ai pas pu faire venir le big funky nigga". Avec moins de coffre, mais pas mal de maîtrise, son remplaçant du jour assure quand même le coup. Dernière déflagration sur "Peace", où la diva se lâche et fait sursauter le micro de quelques onomatopées. Puis dernier envoûtement avec le génial "Fyah Fyah" et l’incontournable reprise de sa muse Lauryn Hill. Selah classe