Des pages inédites de Beethoven

Quoi de neuf à Liège ? Beethoven ! Cette entrée en matière à la Guitry se justifiera aisément puisque ce sont, bel et bien, des œuvres jamais ou très rarement jouées du maître de Bonn qu’il sera donné d’entendre, le jeudi 24 mars prochain, à la Salle Philharmonique de Liège.

Paul Vaute
Des pages inédites de Beethoven
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Quoi de neuf à Liège ? Beethoven ! Cette entrée en matière à la Guitry se justifiera aisément puisque ce sont, bel et bien, des œuvres jamais ou très rarement jouées du maître de Bonn qu’il sera donné d’entendre, le jeudi 24 mars prochain, à la Salle Philharmonique de Liège.

C’est en première mondiale, en effet, que sera interprétée la Fantaisie chorale op. 80 révisée, avec une introduction d’orchestre retrouvée un peu plus de deux siècles après que le compositeur y ait renoncé pour des raisons qu’on ignore. "Ce ne sont que quelques mesures, mais c’est bouleversant, explique Patrick Baton, en pleine répétition ces jours-ci à la tête de l’Orchestre symphonique du Conservatoire royal de Liège pour ce concert unique dans tous les sens du terme(1). Nous sommes certains que la partition n’a pas été jouée par les musiciens à l’époque parce qu’elle contient des fautes qui auraient été certainement corrigées. La première aurait dû avoir lieu en juin dernier, au Kennedy Center de Washington, par l’Orchestre symphonique national de Washington. Mais le concert a été annulé à la suite d’une crise d’ego de la pianiste qui n’a pas voulu que les cordes viennent jouer pendant sa cadence !"

Il suffisait, dès lors, d’arriver au bon moment pour recueillir cette pépite musicale. En fervent beethovenien qu’il est, Patrick Baton n’a pas laissé passer cette chance. Beau cadeau pour la Cité ardente qui - le sait-on ? - eût été la ville natale de l’auteur de L’Hymne à la joie si son père Johann avait obtenu la succession de Jean-Noël Hamal au poste de maître de musique du chapitre de Saint-Lambert, qu’il vint briguer alors que madame était enceinte !

Ceci dit, on peut s’étonner qu’il soit encore possible de trouver des partitions dormantes du précurseur du romantisme allemand dont la production, après sa mort, fut recueillie et cataloguée minutieusement par des érudits - les Giovanni Biamonti et autres Willy Hess - qui passent pour avoir sauvegardé jusqu’à la moindre double-croche. "Cela s’est fait à travers des investigations musicologiques et personnelles, relate le chef d’orchestre, grâce à des travaux menés aux Etats-Unis, en Hollande Nous avons ainsi été confrontés à ce legs de Beethoven".

Au programme du concert figurera également l’Andante d’un concerto pour hautbois et orchestre (dont les autres mouvements sont perdus), œuvre patiemment reconstituée du jeune Beethoven et qui fait, paraît-il, tourner la tête aux mélomanes. Il s’agira, cette fois, d’une première en Union européenne. "Cela a été joué aux Pays-Bas, mais dans une version que je trouve discutable. Et il y a eu une interprétation en Russie", précise Patrick Baton. La dernière première sera plus modestement belge : l’Ouverture, d’un dramatisme impressionnant, de ce qui aurait pu être le deuxième opéra de Beethoven (après Fidelio), basé sur le Macbeth de Shakespeare et abandonné après la mort du librettiste. Le musicologue hollandais Albert Willem Holsbergen a procédé à la reconstruction sur base des esquisses.

A noter que pour l’événement, inscrit dans le cadre des Concerts Charlier, le Chœur symphonique de Namur rejoindra les choristes du Conservatoire, et qu’au menu figureront également le chœur "Mer calme et heureux voyage" (sur un texte de Gœthe) ainsi que la Septième Symphonie.

(1) Jeudi 24 mars à 20 h., Salle Philharmonique de Liège, bd Piercot 25-27. Concert gratuit. Tickets à la billetterie. Pas de réservation téléphonique. Rens. : tél. 04-222.03.06.