La pub aime les groupes belges

Mais quel est cette chanson en arrière fond de cette célèbre marque de voiture ou pour ces nouveaux moyens de communications ? Une question que l’on s’est déjà souvent posée. Mais parfois, il ne faut pas aller chercher bien loin car les publicitaires raffolent des petits groupes peu connus mais également belges.

La pub aime les groupes belges
©n.d.
Sébastien Theys (st.)

Mais quel est cette chanson en arrière fond de cette célèbre marque de voiture ou pour ces nouveaux moyens de communications ? Une question que l’on s’est déjà souvent posée. Mais parfois, il ne faut pas aller chercher bien loin car les publicitaires raffolent des petits groupes peu connus mais également belges. Ces derniers sont d’ailleurs reconnus pour leur côté éclectique et énergique, parfait pour dynamiser un spot publicitaire. Le procédé, appelé «synchronisation», a déjà fait la part belle à des artistes internationaux tels que Massive Attack, Daft Punk ou même Moby. Chez nous, ce sont les Tellers ou même Girls In Hawaï qui s’y collent donnant ainsi une nouvelle vie à leur morceau. Un bon compromis pour les artistes qui trouvent là une nouvelle façon de promouvoir leur musique mais également une aubaine pour renflouer les caisses.

La musique sélectionnée ne sera pas n'importe laquelle, il s'agira de trouver celle que personne ne connaît et qui restera un temps gravé dans les mémoires. Un concept qui n'est évidemment pas nouveau mais de plus en plus suscité pour compenser un manque à gagner dans l'industrie du disque. D’ailleurs certaines agences musicales se spécialisent dans la «synchro» afin de proposer à des marques un son unique pour leur prochain spot. Pour Stéphanie Giraud, fondatrice de Bonus Track, agence spécialisée dans la synchro et l’événementiel, un bon morceau est choisi “en fonction d'un brief qui est le besoin d'un morceau énergique, gai avec de l'émotion et si possible un crescendo, qui véhicule un message positif. Le tout en 20 secondes, 30 maximum”. Des critères qui correspondent souvent à certains groupes belges. Les bruxellois de Ghinzu en sont d'ailleurs le meilleur exemple. “Si on écoute bien leurs albums, ils ont plusieurs chansons qui correspondent à ce brief. Ils plaisent à des publics assez différents ce qui permet de convaincre tous les intervenants sur un projet publicitaire. Par ailleurs, ils ont bénéficié de bon timing et ils sont réactifs” souligne, Stéphanie Giraud. La formation a su donc se diversifier et vendre sa musique en plaçant plusieurs de ses chansons, non seulement, dans des films (Les étoiles de la presse, Taken, Dikkenek) mais également dans des publicités pour des marques connues du grand public (Citroen, SFR, SNCF). Le groupe, avec seulement deux albums à son actif, a donc trouvé le bon filon pour faire prospérer sa musique. Un concept qui a d’ailleurs contribué, entre autres, à leur succès en France ces dernières années.

La recherche de groupe peu connu et indépendant n'est bien évidemment pas anodin car le coût de ceux-ci est moindre. Ce qui permet d’amortir quelque peu les frais. Néanmoins, ce sont des sommes payées par les publicitaires qui permettent aux artistes de se diversifier et de vivre de leur musique en dehors des concerts et des ventes de cd.«Tout dépend bien évidemment du type de contrat et le budget que l’annonceur est prêt à proposer. Mais une chose est sûre, la «synchronisation» fonctionne très bien pour les groupes qui veulent trouver d'autres sources de revenus» argumente Jean-Christophe Lardinois, avocat spécialisé en droit du divertissement.

Un compromis qui fera la part belle pour la promotion d’un groupe et pour l’image d’une marque. Mais attention ce système ne reste qu'un bonus. “C'est un moyen de gagner de l'argent tout en exposant sa musique mais il y a peu de synchronisations efficaces et peu d'élus” termine Stéphanie Giraud.