Les labels indépendants résistent

La concurrence est rude en ce moment sur le marché de la musique : une économie qui va mal, un développement assez lent des nouveaux modèles économiques face au téléchargement illégal et des pléiades d'artistes qui fleurissent de toute part. Au milieu de tout ça il y a des petits labels musicaux indépendants qui tentent, malgré tout, de produire leurs artistes parmi les poids lourds du show-business telles que Lady Gaga, Beyoncé ou Britney Spears.

Les labels indépendants résistent
©Sébastien Theys
Sébastien Theys (st.)

La concurrence est rude en ce moment sur le marché de la musique : une économie qui va mal, un développement assez lent des nouveaux modèles économiques face au téléchargement illégal et des pléiades d'artistes en tout genre. Au milieu de tout ça il y a des petits labels musicaux indépendants qui tentent, malgré tout, de produire leurs artistes parmi les poids lourds du show-business telles que Rihanna, Beyoncé ou Britney Spears.Ceux-ci font d'ailleurs la part belle au radios du pays. Car plus de 90% des artistes diffusés en radios sont des artistes internationaux. “La concurrence vient de toute part, entre la sortie du dernier Lady Gaga et la sortie de l'album d'un de nos artistes, on ne fait pas vraiment le poids. Le budget n'est vraiment pas comparable et essayer de convaincre les radios de prendre un artiste qui habite à peine à 5 km de chez eux n'est vraiment pas évident” raconte Philippe De Coster, manager et créateur du label 62TV records (Girls In Hawaai , The Tellers, Sharko, Lucy Lucy).

En 2007, la plupart des labels indépendants de la Communauté française de Belgique décident de se rassembler pour former la BIMA (Belgian Independent Music Association) afin de représenter le droit des indépendants. Cette association regroupe entre autre : 62 TV Records, Anorak Supersport, Pias, Skinfama, Franksville Records, Team For Action et Viva Music. Selon Philippe De Coster, l' association n'est qu'en partie en réaction face au problème de la crise du disque. “Il manquait une structure représentant les labels indépendants en Belgique. Tout le monde en avait une sauf nous. Il nous fallait quelque chose pour nous faire entendre. Créer cette association n'était pas une urgence face à la crise mais plus une nouvelle façon de donner un point de vue sur ce qui se passe” souligne ce dernier.

Suite à cela, depuis 2009, des membres de la BIMA font partie du Conseil des musiques non classiques. De nouvelles aides structurelles sont également allouées par la Communauté française aux principaux labels indépendants qui en sont membres. Les sommes octroyées peuvent osciller entre 4000 euros et 208.402 euros selon la notoriété et le développement de certains labels. « On ne gagne pas davantage d'argent mais ça aide tout de même un peu. Et puis je ne pense pas que ça coûte très cher à l'Etat”. Marie Dury, membre du label indépendant Team 4 Action ne cache pas son inquiétude face à la crise mais garde tout de même espoir. “Nous avons plus que jamais besoin d'être soutenus par la Fédération W-B en tant que producteur/label et sommes aussi inquiets de l'évolution des choses de ce côté là. Face à la crise du disque, nous sommes vraiment dans une période incertaine.Nous continuons pourtant à y croire en tentant de développer de nouveaux talents.Nous développons aussi de nouvelles manière de travailler avec le net et nous pistons les synchros”.

Malgré une abondance d'artistes lancée sur le marché par les majors dans l'espoir de trouver leur poule aux oeufs d'or, les indépendants arrivent tout de même à placer leurs disques dans les grandes enseignes de la distribution avec peu de moyens.”Nous essayons de mettre des petits artistes en évidence dans nos magasins aux côtés de personnalités plus connues. Certaines personnes demandent à découvrir de nouveaux groupes, d'autres préfèrent ne pas prendre trop de risques et misent sur ceux qui ont du succès” précise une conseillère en musique dans une des FNAC de Bruxelles. Mais les bénéfices engendrés ne sont malheureusement pas toujours au beau fixe. “Notre label 62 TV Records existe encore et c'est tant mieux même si nos bénéfices sont vraiment dérisoires. On a fait 5000 euros de bénéfice sur le total de l'année 2010, c'est pas grand chose mais c'est déjà mieux que rien” acquiesce Philippe De Coster .