Les labels participatifs restent actifs

Depuis leur apparition en 2006, les labels participatifs connaissent des hauts mais également des bas cherchant un équilibre dans le monde de la musique. Certains ont dû cesser leurs activités comme le site français Spidart ou d’autres encore ont été sauvés de justesse de la banqueroute comme le site hollandais Sellaband. En Belgique, les sites participatifs Akamusic et Belgodisc gardent le cap.

Les labels participatifs restent actifs
©n.d.
Sébastien Theys (st.)

Depuis leur apparition en 2006, les labels participatifs connaissent des hauts mais également des bas cherchant un équilibre dans le monde de la musique. Certains ont dû cesser leurs activités comme le site français Spidart ou d’autres encore ont été sauvés de justesse de la banqueroute comme le site hollandais Sellaband. En Belgique, les sites participatifs Akamusic et Belgodisc gardent le cap.

Revenons, d’abord, en quelques mots, sur ce qu'est un label participatif musical. Le principe est simple, il s'agit d'une plateforme communautaire qui met en relation des artistes et des internautes. Ces derniers investissent de l’argent pour produire la musique de leur artiste préféré afin que celui-ci puisse aller en studio. Cette méthode se base sur le crowdfunding, une nouvelle façon donc de produire un projet mais via l’aide des internautes.

En Belgique, il existe trois sites participatifs officiels : Akamusic, Sonicangel (en Flandre) et le tout nouveau venu, en mars 2011, Belgodisc. Mais comment se portent certains labels depuis leur création dans un marché de la musique en perte de vitesse ? Avec 85 projets produits et 16.000 artistes en cours de production, Akamusic reste la référence dans le pays. Pour Michel de Launoit, cofondateur d’Akamusic, le label se porte «très bien» mais le «marché reste compliqué». «On a jamais écouté autant de musique à l’heure actuelle alors que les gens n’investissent que très peu dans l’achat de musique. On recherche notre point d’équilibre, pour l'instant, avec Akamusic. Nous sommes une maison de disques mais nous sommes avant tout une plateforme intermédiaire entre les internautes et les artistes» souligne ce dernier. Paul Dewachter, fondateur de Belgodisc, souligne certaines difficultés pour son label. «On a dur, on n’est pas très grand, tout est encore à faire mais la machine est bien lancée. Nous avons, pour le moment, 278 producteurs pour 22 artistes. Tous sélectionnés par un jury de professionnels. Nous sommes vraiment tournés vers des plans de carrières où notre but est de faire faire de la scène aux artistes. Si on arrive à vendre des disques tant mieux mais ce n’est vraiment pas notre objectif premier». Quant à Sonicangel, c’est le succès de l’artiste Tom Dice, ancien rescapé de l’émission X Factor en Flandre, qui a su redonner un coup de projecteur au site.

A leur début, les labels participatifs, en France et en Belgique, ont connu un grand engouement notamment grâce au chanteur français Grégoire, produit par Mymajorcompany en 2007. Un coup de poker où les internautes-producteurs ont vu un concept qui pouvait rapporter gros. « Grégoire a été un phénomène dans le sens où les gens ont vu que ça marchait bien donc ils ont cru que le concept rapporterait de l’argent. C’était à coup sûr un chanteur qui allait fonctionner car il devait normalement déjà signer sur le label de Sony. Mymajorcompany l’a récupéré et savait qu’il allait marcher » souligne Jean-Christope Lardinois, avocat spécialisé en droit du divertissement et consultant juridique pour Akamusic. Mais le succès “Grégoire” n’a pas été réitéré et le phénomène participatif s'est quelque peu estompé. «Des gens ont déserté le projet mais le concept d’un label participatif, du point de vue musical, est plus de soutenir un artiste dans lequel on croit avec certains avantages autres que financiers » précise Michel de Launoit.

Les labels participatifs souffrent également d’une image qualifiée, par certains détracteurs, de «Star Ac’du net». Michel De Launoit se défend: «Akamusic produit un panel large d'artistes, il y a, certes, de la variété française mais les gens sont en demande de ça. On le voit d’ailleurs avec le dernier titre de Mika (chanté en français) qui fonctionne très bien en ce moment. Les artistes que nous soutenons, de Sarah Carlier à Depotax, sont très différents et pas très «Star Ac’». Chez nous, l’artiste est libre de faire la musique qu’il veut».

A l’ère du numérique, dans un monde où tout va très vite, le label participatif reste un moyen comme un autre de faire connaître sa musique autrement qu'à travers les carcans traditionnels du milieu. Le modèle reste séduisant mais peine encore à trouver ses marques. Laissons-leur encore quelques temps pour faire leurs preuves.