Susan Boyle fait toujours rêver

Elle voyage dans le monde entier, se fait acclamer en Chine et son nouvel album a fait un début en fanfare: Susan Boyle, vieille fille boulotte et mal fagottée transformée en star planétaire, continue son parcours de Cendrillon de la chanson, deux ans après d'incroyables débuts.

AFP
Susan Boyle fait toujours rêver
©Barcroft / Reporters

Elle voyage dans le monde entier, se fait acclamer en Chine et son nouvel album a fait un début en fanfare: Susan Boyle, vieille fille boulotte et mal fagottée transformée en star planétaire, continue son parcours de Cendrillon de la chanson, deux ans après d'incroyables débuts.

L'ex-chômeuse a fait du chemin depuis sa première apparition sur le plateau d'une émission de télécrochet en 2009, où sa gaucherie, son âge avancé et son accoutrement avaient d'abord fait ricaner la salle, vite conquise par sa "voix d'or."

Sous la houlette de l'équipe qui orchestre habilement son étonnante carrière, elle a abandonné ses tenues démodées, dompté ses cheveux en bataille et ses sourcils broussailleux qui lui avaient valu le qualificatif d'"ange velu". Et arbore désormais à chacune de ses apparitions publiques un maquillage soigné.

Elle qui, jusqu'à presque 50 ans, ne s'était produite que dans des chorales, des églises ou des pubs, est allée chanter aux Etats-Unis, en Australie et à Shangaï, dans une émission de variétés qui a rassemblé 60.000 personnes et un demi-milliard de téléspectateurs. Elle a aussi montré ses talents d'interprète au pape, pendant sa visite en Ecosse l'an dernier.

Avec 14 millions de disques vendus en 14 mois, cette improbable star, dont la première prestation à l'émission "Britain's got talent" a été visionnée à 120 millions de reprises sur le net dans les mois qui ont suivi, affiche un palmarès impressionnant.

Son premier album, "I dreamed a dream" a été le plus acheté dans le monde en 2009. A deux reprises en moins d'un an, elle a figuré en tête des hit parades aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, une performance égale à celle des Beatles en 1969, selon sa maison de production. Et son dernier opus était à nouveau numéro un au Royaume-Uni, à sa sortie.

Une comédie musicale racontant sa vie est aussi en préparation. Car plus encore que sa voix, c'est son parcours en forme de revanche sociale qui continue à fasciner.

"Il y a tous les ingrédients d'un conte de fée, et cerise sur le gâteau, c'est une histoire vraie", souligne Michael Harrison, le producteur du spectacle.

Pas un article qui ne lui soit consacré qui ne revienne sur la success story de cette fille d'immigrés irlandais, élevée dans une famille modeste de dix enfants, souffre-douleur à l'école en raison d'un léger retard mental et qui trouvait dans le chant un refuge à sa timidité.

Susan Boyle avait toujours vécu dans sa petite maison de Blackburn, en Ecosse, entre ses parents et son chat, et n'avait "jamais été embrassée" par un homme, avant que le succès ne lui ouvre les portes du monde.

C'est d'ailleurs là qu'elle vit toujours, en célibataire, malgré sa nouvelle aisance, ne se résolvant pas à aller habiter la "maison chic", comme elle l'appelle, qu'elle possède désormais tout à côté et où elle conserve ses trophées musicaux.

Susan Boyle, "ce sont les promesses de la téléréalité auxquelles on a donné chair", notait récemment une journaliste du Times.

Un statut parfois trop lourd à porter, comme l'attestent un séjour en clinique en 2009 et les brusques colères de la diva cinquantenaire.

Mais ses fans, souvent d'âge mûr, lui pardonnent. Inconditionnels de cette star qui leur ressemble.

"Elle ne cache pas qu'elle est fragile, ni d'où elle vient. Et cela crée un lien avec les gens qui pensent: +oui, elle a réussi, mais au bout du bout, elle est des nôtres+", explique à l'AFP Gezim Alpion, enseignant en sociologie à l'université de Birmingham.

"Avec la crise actuelle, vous avez besoin de ce genre de success story: c'est un euphorisant".