Darc is the night et fête malienne pas si colorée

Fin de week-end pour tout le monde et donc aussi pour le groupe qui accompagnait Amadou et Mariam. Daniel Darc pour les quadras, 1995 pour les jeunots.

Darc is the night et fête malienne pas si colorée
©Alexis Haulot
PDG et VR

Dimanche soir, au Cirque Royal, le duo malien Amadou et Mariam était chargé de clôturer ce premier week-end des Nuits. Avant ce qui était annoncé comme une fête colorée, la jeune Bruxelloise Sarah Carlier venait présenter son joli premier album "For Those Who Believe". Entourée d’un trio guitare-basse-batterie, elle n’a pas raté ce rendez-vous. D’une voix gorgée de soul et bien posée, elle a conquis le public présent grâce à la fraîcheur de sa folk-pop à laquelle son groupe donne quelques aspérités. Un joli vent de fraîcheur bienvenu après une après-midi presque estivale.

De la chaleur, on en attendait beaucoup de la part d‘Amadou et Mariam. Peut-être trop. Apparemment, c’était fin de week-end pour tout le monde et, malgré un début de concert encourageant, leur prestation n’a jamais vraiment décollé. On ne pointera pas les interventions parlées, souvent un peu maladroites, d’Amadou. Ni sa retape répétée pour le Programme alimentaire mondial dont le duo est ambassadeur. Ils font partie de l’ambiance et cela n’a jamais gâché leurs prestations antérieures. Non, c’est plutôt un manque de pêche de la part de leur groupe que l’on mettra en cause, ce qui ne pardonne pas quand la base de la musique est modale. Seules les parties de guitare d’Amadou et le final traditionnel, avec les vitaminés "La Réalité" et "Beaux dimanches", viendront sauver la mise du couple pour qui le Cirque Royal n’était peut-être pas le meilleur endroit pour être programmé.

A quelques encablures de là, au Botanique, c’est une triple soirée hétéroclite qui s’est jouée. Trois concerts et trois publics différents qui ne se sont pour ainsi dire pas mélangés. Dans le chapiteau, de nombreux ados à casquette se sont massés pour assister au concert des rappeurs français de 1995. Ils ont quitté les lieux un peu avant minuit, manifestement enchantés, sous le regard de policiers massés en nombre dans les travées du Botanique.

Ils ont pu croiser le public - beaucoup de quadras - venu en ordre plus dispersé applaudir Daniel Darc dont le set se terminait à la même heure. Un public heureux aussi. Il venait d’assister à une performance de plus de 2 heures à la fois racée et improbable. Sur scène, l’ex-chanteur de Taxi Girl est comme en équilibre instable. Il tangue, titube, s’accroche au pied du micro pour ne pas tomber. Mais tient la voix assurée. Une voix qui n’a pas bougé depuis les années 1980, mais porte une autre musique, plus sombre, plus mystique, baudelairienne. Daniel Darc n’a d’ailleurs pas retenu grand-chose de ses années Taxi Girl, juste le tube "Cherchez le garçon" qu’il a fait sonner comme une charge rock’n’rollienne à la manière d’Alan Vega ou des Ramones. Pour le reste, il s’est longuement baladé dans ses 3 derniers albums, et singulièrement dans le petit dernier, "La Taille de mon âme". Un ravissement noir mâtiné de traits d’humour piquant.

Au même moment, la Rotonde accueillait le quatuor écossais de Django Django. Une belle surprise qui fait voyager entre musique expérimentale et pop électro.

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