BRNS confirme aux Nuits

Dimanche, après une averse tropicale digne de cette grise fin de mois de mai, les Nuits entamaient doucement leur ultime ligne droite.

Nicolas Capart

Dimanche, après une averse tropicale digne de cette grise fin de mois de mai, les Nuits entamaient doucement leur ultime ligne droite. Pour l’avant-dernière date du festival, le programme présentait des senteurs éclectiques, des mélodies mutantes de Burgalat à l’Orangerie à la hype soul d’Electric Guest à la Rotonde, en passant par le blues de Willis Earl Beal au Musée et les expérimentations pop de BRNS sous le Chapiteau. C’est justement cette dernière qui a le plus attiré nos oreilles gourmandes et, heureusement, étanches. Car il en fallait du courage pour braver cette météo récalcitrante pour finir sous la toile tendue du Jardin botanique. Ceci combiné à un horaire défavorable - ouvrir les hostilités à 19 h 30 - nous faisait craindre le pire pour le quatuor bruxellois sans voyelle. Pourtant, une audience raisonnable garnissait les lieux à l’heure d’entamer le concert. Ce soir-là, BRNS fêtait la sortie de son premier EP. Sept titres et 35 bonnes minutes, "Wounded" est un mini-album en somme. Et il ne tardera pas à dévoiler toute sa puissance de feu. Installés de manière moins compacte que d’accoutumée, nos hôtes (dé)livreront ainsi les nouvelles compos qu’il renferme. Le solennel "Here Dead He Lies" et ses spasmes électriques, l’élégant "Death Bed" et son refrain hypnotique, le sinueux "Thru the Graveyard" et la narration quasi cinématographique de "The Story of Bible"... S’il nous avaient séduit au Beurs, puis cueillis à l’AB Bota, nous sommes passés au stade de fan depuis dimanche soir. BRNS entre donc dans la catégorie des groupes dont on hésitera désormais à relater les prestations par peur de manque d’impartialité. Pour cette dernière chronique annoncée objective, nous tâcherons d’être un critique zélé en mettant en avant deux lacunes imputables. On pouvait, il y a peu, critiquer les voix et les harmonies et, si le groupe a visiblement beaucoup travaillé sur ce point, quelques petits efforts peuvent encore être faits. Enfin, le set déroulé ce week-end a quelque peu perdu en intensité au fil des minutes. Mais avec l’énorme "Our Lights" en guise de conclusion, c’était l’apothéose garantie.