Graham Coxon, pêle-mêle ardent

Auteur d’un des albums les plus remarqués de ce début 2012, "A + E" (LLC, 04/04/2012), Graham Coxon était à l’Orangerie du Botanique vendredi soir. "A + E" pour "Accident and Emergency", est déjà le 8e opus solo de M. Coxon depuis son départ de Blur.

M.-A.G.
Graham Coxon, pêle-mêle ardent

Auteur d’un des albums les plus remarqués de ce début 2012, "A + E" (LLC, 04/04/2012), Graham Coxon était à l’Orangerie du Botanique vendredi soir. "A + E" pour "Accident and Emergency", est déjà le 8e opus solo de M. Coxon depuis son départ de Blur, il y a de cela 10 ans. Au sein du groupe de britpop des années 90, le guitariste était un peu l’homme de l’ombre, l’enfant terrible aussi et, en même temps, celui qui aura sans doute donné au groupe sa face plus rock; Damon Albarn s’octroyant le côté plus pop.

Son concert bruxellois était le dernier de sa tournée. Ceci explique-t-il cela ? Toujours est-il qu’il aura fallu plusieurs morceaux avant que le set ne s’emballe vraiment - "Advice", "Spectacular" et autre "Don’t let your man known", transpirant pourtant bien l’esprit punk du musicien, mais comme en sourdine. Et malgré ce décollage, sa généreuse prestation d’une vingtaine de morceaux nous aura, globalement, laissé une impression disparate. Deux heures de concert avec des hauts et des bas, à l’image de sa tournée qu’il qualifie de "upside down" ?

De son dernier enregistrement sur lequel il exécute, tout seul comme un grand, les guitare, basse, batterie, il a offert plus des deux tiers, soutenu, en live, par cinq autres musiciens dont deux guitares. Cela nous en fait des cordes, grinçantes à souhait. Comme sur le délicieusement daté "Ooh yeh yeh". En début de rappel, après s’être bien fait désirer, il délivre un "Seven naked valleys" caracolant.

Par moments, le quadragénaire a des tics de timide maladif, comme s’il était gêné d’être là. Pourtant, il peut maintenant se permettre toutes les frivolités guitaristiques noisy qui lui plaisent, car il ne doit plus guère se soucier des ego, seul maître à la tête de son combo.

Point de "Meet and drink and pollinate" qui, pourtant, serait tombé à propos - l’on se demande toujours quel breuvage a permis au gaillard d’étancher sa soif Même si l’on a sa petite idée, au vu de sa démarche pour quitter la scène