Cali, troubadour apaisé d’un "Jyva’Zik" en sursis

La magie du site nous est apparue samedi à la tombée du jour Lanternes et spots de couleurs ont progressivement pris possession des ruines d’un château qui, habituellement, reste fermé au grand public.

P.-F.L.
Cali, troubadour apaisé d’un "Jyva’Zik" en sursis

La magie du site nous est apparue samedi à la tombée du jour Lanternes et spots de couleurs ont progressivement pris possession des ruines d’un château qui, habituellement, reste fermé au grand public. Le "Vieux Château" de Walhain, comme on l’appelle dans la bourgade brabançonne, a alors pris une autre dimension. Le public, regroupé face à la "Scène Château" (sise dans les anciennes douves aujourd’hui asséchées), s’est alors délecté du jeu des ombres, des notes et des mots sur les vestiges d’une bâtisse dont les origines remontent tout de même au XIIe siècle et qui fut longtemps le centre d’une importante seigneurie.

Mais, de seigneurs, le Vieux Château de Walhain n’en a plus aperçu depuis plus de trois siècles. Sauf que, depuis l’année dernière et sa 5e édition, le festival Jyva’Zik a eu l’excellente idée de migrer vers le site médiéval pour y planter ses deux scènes, ses roulottes, ses tentes et ses villages thématiques, afin d’y organiser la fête la plus "pimentée et métissée" d e ce coin champêtre du Brabant wallon. Et, qui sait, d’y voir surgir l’un ou l’autre troubadour des temps modernes.

Après Arno en 2011, c’était donc au tour de Cali de revêtir les habits de troubadour d’un soir du site walhinois. Samedi, sur le coup de 23h15, l’enfant terrible de Perpignan montait sur scène pour clôturer une 6e édition du Jyva’Zik qui, si on en croit les craintes exprimées récemment par les organisateurs, pourrait bien être la dernière (la faute à un budget amputé de certains subsides). Ce qui serait un beau gâchis au regard de l’enthousiasme déployé par les 150 bénévoles pour faire vivre le seul festival "éthique et éclectique" du Brabant wallon.

La venue de Cali permettra-t-elle de sauver le Jyva’Zik ? Dimanche, Arnaud de Brye, directeur du festival, voulait y croire "car je suis ravi du déroulement de cette édition, avec le succès de la scène dédiée aux arts de la rue et des prestations comme celles de Cali, Soan ou Zita Swoon". Mais avec un peu moins de 4 000 festivaliers, le bilan financier est loin d’être évident. "Nous sommes en grosse réflexion. On va faire nos comptes au cours des prochains jours et on prendra une décision", résume Arnaud de Brye.

Mais revenons-en à l’ami Cali. Certains festivaliers, manifestement pas au parfum de la nouvelle tournée acoustique et intimiste du chanteur, ont été pris à froid en le découvrant seul sur scène, ou quasi. Eh oui, Cali n’est pas que ce "grand gamin" parcourant les scènes à grandes enjambées, grimpant là où il le peut, ou plongeant dans le public pour y embrasser la première venue. Le Cali 2012 est un cru nouveau, tout en modération et en douceur. Immobile, la tête légèrement baissée, il entame son concert tel un enfant de chœur. La seule présence à ses côtés du Britannique Steve Nieve, qui l’accompagne avec majesté au piano, permet à Cali de revisiter un répertoire archi-connu, et entendu, du public francophone en lui donnant une texture nouvelle. Mais le naturel revient vite au galop ! Sur "Le grand jour" ou "C’est quand le bonheur", les notes claquent et Cali retrouve sa gestuelle énergique qui lui colle à la peau. Le public respire, se rassure. Et savoure.