Cold Specks: taches froides, cœur chaud

Drôle de tempérament que celui d’Al Spx, son étrange pseudo. Un choix d’avatar obscur, mais volontaire dans le but de brouiller les pistes. La nouvelle soulwoman dans le vent s’arrêtera deux fois en Belgique ces prochains jours.

Nicolas Capart
Cold Specks: taches froides, cœur chaud

La demoiselle est Canadienne mais s’offre depuis quelques années déjà une existence londonienne. Elle a donc quitté sa banlieue d’Etobicoke et Toronto, là même où elle commença à faire de la musique à peine âgée de 15 ans. A l’époque, ce sont les cordes qui l’attirent, et la jeune fille fantasme alors de jouer les guitaristes pour Interpol ou les Strokes. Mais son doigté laisse à désirer. Une chance, car ce revers la mènera vers le chant et les merveilles vocales qu’elle opère aujourd’hui. Mais, dans un premier temps, la jeune chanteuse en devenir se la joue antisociale, comme en témoignent ces propos recueillis par nos confrères des "Inrockuptibles" il y a peu : "Je n’avais aucune conscience de la valeur de mes chansons. Je ne voulais pas être musicienne, je ne jouais avec personne, je ne faisais pas de concerts, parce que personne ne me connaissait, et je ne voyais pas l’intérêt de jouer devant des salles vides "

Drôle de tempérament que celui d’Al Spx, son étrange pseudo. Un choix d’avatar obscur, mais volontaire dans le but de brouiller les pistes. Sachez seulement que l’artiste est née de parents est-africains, et que, pour des raisons qui sont siennes, elle ne tient pas à en dire davantage. Mais sa voix exceptionnelle parlera à sa place. Un timbre unique façon Tom Waits, avec lequel Cold Specks (tache froide, en anglais dans le texte, NdlR.) revisite à l’envi les traditions gospel du sud des Etats-Unis et ressuscite les œuvres qui l’ont influencée, des Lomax à James Carr, en passant par Sam Cooke ou Bill Callahan. Un genre qu’elle nomme "doom soul", des chansons chaudes, simples, émouvantes et authentiques

Il ne faudra pas longtemps avant qu’une oreille aiguisée ne soit séduite par ses mélodies. "En avril 2010, j’ai décidé de partir en Angleterre pour percer dans la musique. Au début, ça a été difficile : je ne connaissais personne, je n’avais pas d’argent, je dormais sur des canapés. J’ai fini par trouver un label et pouvoir enregistrer mon disque." Ces écoutilles expertes furent celles de Rob Ellis, orfèvre des notes de PJ Harvey, d’Anna Calvi et de Marianne Faithfull, qui mettra en musique l’élégant premier album d’Al Spx - "I Predict a Graceful Expulsion" - et l’enregistrera à Londres. Onze compos gospel-pop pour quitter le sol. Et deux live en Belgique pour caresser la voûte céleste.


Bruxelles, Botanique (Rotonde), le dimanche 30 septembre dès 19h30. Prix : 10 €/13 €/16 €. Infos : www.botanique.be Liège, Manège de la Caserne Fonck, le dimanche 7 octobre dès 18h. Prix : 12 €/35 € (Pass 3 jours des heures IND). Infos : www.lesardentesclub.be.