Ma soirée avec Lady Gaga

Samedi soir, j’avais rendez-vous avec Lady Gaga. Et ce fut super. "Trop cool". Vraiment. Evidemment je n’étais pas seul. Il y avait 17 000 fans autour de moi, dans l’immense Sportpaleis d’Anvers pour découvrir la première belge du nouveau spectacle de la reine du show bizz.

Guy Duplat
Ma soirée avec Lady Gaga
©Photo News

Ambiance

Samedi soir, j’avais rendez-vous avec Lady Gaga. Et ce fut super. "Trop cool". Vraiment.

Evidemment je n’étais pas seul. Il y avait 17 000 fans autour de moi, dans l’immense Sportpaleis d’Anvers pour découvrir la première belge du nouveau spectacle de la reine du show bizz. Mais Stefani Joanne Angelina Germanotta (je l’appelle maintenant de son vrai nom) fut vraiment sympa. Elle m’a regardé gentiment alors qu’elle avait bien vu que je n’avais rien d’un "little monster", comme elle appelle les 30 millions de followers sur son compte Twitter. D’abord, je ne suis pas une fille et j’ai un peu plus de 15 ans. Je n’étais pas d’ailleurs le seul adulte. Sans doute à cause du prix des places, le public n’était pas si jeune que cela. Très très peu de préadolescentes de 7 ans, le public était bien plus âgé mais tout autant convaincu.

Si Lady Gaga rappelle à l’entrée qu’elle vient de sortir un parfum tout noir, "Fame", tout le reste est du pur spectacle, du grand barnum. Et elle sait y faire. Le décor est un immense château avec tour, chemin de ronde, grilles, fenêtres en forme de croix chrétienne, feux d’artifice laser. Un monde de chevaliers et de science-fiction, d’heroic fantasy et d’humour, de Disneyworld et de Playmobil géant. Tout le show oscille d’ailleurs entre celui d’une pop star très sexuée et celui d’une petite fille sympa avec couronne de princesse et baguette magique.

Ces derniers jours, on avait beaucoup parlé de cette dizaine de kilos qu’elle avait pris à force de manger des pâtes dans le restaurant italien de son papa. Vous ne pourrez pas voir l’effet sur scène car elle a interdit tout photographe de presse à ses spectacles. Mais rassurez-vous, cela lui va plutôt bien. Elle a un air plus sexy.

Lady Gaga c’est aussi un fantastique numéro de changement de tenues à la vitesse de Buzz l’éclair, une vraie fashion week à elle seule. Et rien que cela vaut, pour certains, le prix du billet. Elle arrive juchée sur un (faux) cheval avec une tête en forme de mante religieuse, elle change au moins vingt fois de tenues, chapeaux compris (à un moment, on arrête de compter) : robe avec des cerfs-volants, robe en steaks saignants, longue robe carrée sur chariots, chapeau type ballon de rugby coupé en deux ou en forme d’auréole, soutien avec des fusils dressés, tenue d’apicultrice ou de motarde. Elle jaillit d’un œuf géant ou elle accouche d’elle-même d’un ventre monstrueusement gonflé. Elle disparaît dans un broyeur à viande.

Entourée d’une quinzaine de danseurs très pros, bodybuildés, "stepés", plutôt Las Vegas et Gay pride que ballet de l’Opéra, elle est impressionnante et entraînante même si les spécialistes la trouvent très peu innovante dans sa musique. Lady Gaga, en grande cheftaine du show, sait ménager des surprenants moments d’intimité avec ses chers "little monsters". Les 500 fans, qui ont attendu parfois toute la nuit pour être juste devant elle, peuvent lui lancer une nuée de peluches et vêtements spécialement brodés pour elle. Elle en sélectionne quelques-uns, les donateurs pourront la rejoindre backstage, et elle enfile un peignoir rose offert, brodé d’images sorties de Pocahontas.

Elle sait parler au public, les toucher. Mais si Bart De Wever était dans la salle, il se sera étranglé. Pas que lui, il a perdu des kilos alors qu’elle en a gagné, mais parce que la star est apparue en sirène sur une moto avec un grand drapeau belge. Plus choquant, elle a prononcé quelques mots en français (et pas en néerlandais) et a fait un tour de piste en tenant haut le drapeau belge comme Tia Hellebaut à Pékin.

Et je vous jure qu’en partant, la belle m’a fait un clin d’œil sous sa longue chevelure blonde.

Reste la question : cela vaut-il de payer sa place 55 à 95 euros ? La réponse des fans à Anvers fut un oui strident.