Chef d'orchestre, un art mené à la baguette

Qui n'a jamais, que ce soit devant la télévision ou à l'opéra, observé avec admiration les gestes minutieux d'un chef d'orchestre? Mais quel est son rôle exact? Quelles sont les règles du métier ? Rencontre avec Stefan Blunier, chef d'orchestre.

Déborah Taminiaux (st.)
Chef d'orchestre, un art mené à la baguette
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Qui n'a jamais, que ce soit devant la télévision ou à l'opéra, observé avec admiration les gestes minutieux d'un chef d'orchestre? Mais quel est son rôle exact? Comment parvient-on à occuper une telle profession et quelles sont les règles du métier ? Rencontre avec Stefan Blunier, chef d'orchestre.

Etre chef d'orchestre, ça ne s'improvise pas. Le parcours diffère évidemment selon les personnes. Stefan Blunier explique qu'il a "d'abord étudié le piano et la composition. Ensuite, j'ai continué des études pour être chef d'orchestre en Allemagne et j'ai pris des cours à Londres. Un jour, on m'a donné ma chance pour une représentation avec un orchestre. Depuis, ça a continué".

De ce métier découle une véritable passion: il requiert une grande culture au niveau de la musique et le don de l'oreille musicale, qui est cette faculté de reconnaître les notes sans recourir à un son de référence. Un peu de psychologie semble également nécessaire car c'est au chef qu'incombe la tâche de diriger l'orchestre. Un exercice parfois ardu puisque le nombre de musiciens dépasse, de temps en temps, la centaine.

Une excellente mémoire fait également partie de l'apanage du chef. En effet, avant de commencer les répétitions, le maestro étudie la partition. En quelque sorte, il l'interprète, tout en lui restant fidèle. "Il faut avoir des idées sur comment l'on veut que la répétition se déroule mais aussi de l'adaptation de la partition: le tempo, l'articulation ou encore l'harmonie."

Lors de la représentation, le chef d'orchestre contrôle tout ce qui se joue, par l'intermédiaire de signes non-verbaux. Il tient la baguette de la main droite, et c'est elle qui règle le rythme. La main gauche, elle, représente plutôt les entrées des instruments, mais aussi les nuances à apporter.

Le chef insuffle une ligne de conduite à suivre et chaque instrument se calque sur ses directives. Il joue un véritable rôle de coordinateur mais doit aussi inspirer son orchestre. "Je dois prendre en compte les désirs et l'atmosphère des différents orchestres, car ils ont tous un style différent, parfois régulier, parfois agressif. Cela requiert une grande psychologie car il faut savoir décrypter leurs signes", analyse Stefan Blunier.

En plus du style différent, les orchestres ne suivent pas le même rythme. Une difficulté de plus pour le chef. "Il faut s'adapter au pays. Pour ceux comme l'Allemagne ou la Belgique, j'aurais droit à quatre ou cinq répétitions. Par contre, en Grande-Bretagne, je ne pourrais en faire qu'une ou deux, ce qui s'avère plus risqué." Néanmoins, pour préparer des opéras, plus de répétitions sont acceptées en fonction d'une coordination plus difficile. En effet, il faut préparer les chanteurs, les choeurs et le travail scénique.

Chef d'orchestre reste un métier passionnant mais, comme le signale Stefan Blunier, "en tant que chef d'orchestre, tu ne sais jamais où tu peux tomber".