King Krule n’est encore qu’un prince

L’enfant prodige de la City était à Bruxelles. Une visite qui confirme son potentiel.

Nicolas Capart
King Krule n’est encore qu’un prince
©http://kingkrule.co.uk/

Foule des grands soirs, samedi au Botanique, pour la venue d’Archy Marshall, dernier surdoué que l’Angleterre ait enfanté. Il aura même fallu déplacer le concert de manière impromptue - de la coquette Rotonde à la plus confortable Orangerie - pour contenir toutes les envies que sa visite a excitées. Ce fut sans doute sa dernière prestation intime chez nous avant de passer par la case AB.

C’est que, depuis un an, King Krule épate et suscite les superlatifs. Pourtant le gamin ne paie pas de mine. Un grand rouquin chétif et maigrichon de 19 ans (depuis août) au teint pâle, à la tignasse mal coupée et aux écoutilles décollées… Pas vraiment du genre à les faire toutes craquer pendant la récré. Jusqu’à ce que le son soit. Et que ce timbre non identifié de crooner éméché ne s’évapore dans l’air pour tous nous envoûter. Un grain ténébreux, rocailleux et fumé. Du genre qui requiert des décennies de gitanes sans filtre ou de scotch sans glaçons au petit-déjeuner. Quelque part entre l’arrogance de Urge Overkill, la classe d’Edwyn Collins, la douceur de David Byrne et la gravité de Morrissey…

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(1) Terme employé par King Krule pour décrire sa musique, contractant un ton blues et des accents new-wave.