Stromae: "On a tous un bon potentiel raciste en nous"

Stromae était l'invité d'"Europe 1 matin". Durant cet entretien, le chanteur évoque le succès, son refus de rejoindre les Enfoirés... et le racisme. Le chanteur a du mal à "mêler [son] image à une association caritative".

J.B.
Stromae: "On a tous un bon potentiel raciste en nous"
©AFP

Invité d'"Europe 1 matin", Stromae est revenu le temps d'une interview de plus de 7 minutes sur différents thèmes.

Le racisme : "Je pense que c'est plus le malheur et la tristesse qui se traduisent à travers le racisme"

Interrogé par le journaliste Thomas Sotto sur le racisme dont il a déjà été victime, Stromae répond qu'il a l'impression "que ça a toujours existé et qu'on ne changera pas la nature humaine. Il faut lutter."

"On a tous un bon potentiel raciste en nous, tous humains. C'est très facile d'avoir une phrase raciste qui sort, c'est très facile de pointer du doigt une personne qui aura pu faire un accident, la diaboliser à jamais comme si elle était le mal incarné. Je pense que c'est plus le malheur et la tristesse qui se traduisent à travers le racisme. Il faut apprendre à dialoguer avec ces personnes, leur expliquer plutôt que les marginaliser."

Les Enfoirés :"J'ai un problème à mêler mon image à une association caritative..."

Invité par Les Enfoirés à fêter leur vingt-cinquième anniversaire, Stromae avait finalement refusé de rejoindre l'aventure. Le chanteur s'explique. "Je ne sais pas si c'est une certaine pudeur... J'ai un problème à mêler mon image à une association caritative... Si je fais ce genre d'association, que je me mets en avant, c'est pour servir ce genre d'association : j'ai un problème avec ça car j'en profite."

"La personnification du succès est mauvais pour la santé"

Enfin, celui qui s'appelle en réalité Paul Van Haver revient également sur le succès impressionnant de son album "Racine carrée" et de la tournée 2014. Le chanteur la joue pourtant modeste et altruiste.

"J'essaie de 'dépersonnifier', je ne sais pas si ça se dit... C'est un groupe ! Une quarantaine de personnes travaillent sur ce projet : je les cite car je suis toujours en façade, c'est un peu facile. On a fait une photo d'une époque, d'un moment : le public a adhéré, mais ça ne veut pas dire que le troisième, le quatrième [album], ça fera la même chose ! C'est un moment, il se passe un truc, tant mieux. Je ne me plains pas, au contraire, mais il ne faut jamais personnifier : je pense qu'à ce moment-là, c'est la fin."