Pukkelpop: le fil de la deuxième journée

Clap deuxième en pays limbourgeois. Et des guitares souveraines...

Nicolas Capart
Pukkelpop: le fil de la deuxième journée
©JC Guillaume

Clap deuxième en pays limbourgeois. Et des guitares souveraines...

Vendredi programme et cieux affichaient un profil plus maussade que la veille au Pukkel. Occasion idéale pour les guitares, avouons-le souvent bien malmenées ces derniers temps festivaliers, de prendre leur revanche sur le gros beat omnipotent. Seul le groove du sublime Nick Waterhouse et sa soul'n'roll élégante dérouillaient nos articulations en début de journée. Avec sa tronche de Buddy Holly, le natif de Santa Ana se bonifie comme un grand vin californien. Déjà auteur d'un "The Time All Gone" d'excellente facture en 2012, celui-ci rempilait d'un magistral "Holly" cette année. Ce qui ne l'empêchait d'ailleurs pas de produire l'excellent petit premier éponyme de Allah-Las et son digne successeur – "Worship The Sun" – prévu pour la rentrée. Nick est un grand musicien, Nick est très chic. Et déroulera sous la Marquee l'étendue de sa classe blues vintage près d'une heure ponctuée d'un final explosif.

Entre sheik et serpents

Au creux d'un après-midi mollasson, dans un Castello « volzet » – on n'y avait pas encore goûté cette année – , le cheikh syrien Omar Souleyman fut le seul à nous faire vibrer du déhanché. Même si le sieur s'avère aujourd'hui moins musicien qu'amuseur. Une grande kermesse orientale aux hymnes pitchées à souhait, une rave-party épicée dans un souk de Damas, voilà en substance le spectacle auquel on a assisté. Et si l'homme ne s'est pas foulé, il sait y faire pour faire danser les nombrils, ça on doit lui laisser.

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Heureusement, juste avant d'entamer la soirée, les hurlements bestiaux des Écossais  Amazing Snakeheads  nous sortaient de notre torpeur. Un peu de rock frontal dans un monde qui manque cruellement de brutes. Les cris du frontman écorché Dale Barclay, seul rescapé du trio originel qui sortait l'opus introducteur – le bien nommé "Amphetamine Ballads" – en avril dernier. Autour de ce leader effervescent, le reste du personnel a changé. Et sur ses épaules musclées tout l'héritage d'un certain rock eighties énervé. Celui de Gun Club, de Birthday Party ou des Cramps, électrique et venu des tripes. Abstraction faite d'un interlude facultatif lors duquel une brunette complice s'empara du micro, ce fut, depuis notre arrivée, l'un des shows les plus chauds.

Raise your glass to the night

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Pour entamer dignement la soirée, Balthazar , sur la Main stage, était convié. Notre meilleur groupe du cru actuellement, faut-il le répéter? Celui qui bien au-delà de nos plates frontières peut désormais facilement s'exporter. Une ascension méritée qui propulse aujourd'hui le quintet de Courtrai sur les plus grandes estrades de Werchter et du Pukkelpop. S'il semble fatigué par voyages et concerts à répétition, le groupe impressionne toujours d'élégance et de facilité. Le regard vitreux de Maarten Devoldere – le blond – mais sa voix de velours et son timbre lancinant délicieusement blasé peuvent en attester. La classe de bout en bout, et toujours le fédérateur "Blood Like Wine" pour lever son verre et ouvrir la nocturne en beauté.


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Crédits photos : JC Guillaume