Pharrell Williams, serial plagieur ?

Le rappeur aurait aussi plagié Marvin Gaye pour composer son tube "Happy".

Charles Van Dievort
Pharrell Williams, serial plagieur ?
©AP

Avis de tempête pour Pharrell Williams. Deux jours à peine après avoir été condamné par un jury de Los Angeles, en compagnie de Robin Thicke, pour plagiat - son titre "Blurred Lines" étant trop largement inspiré du "Got to give up" signé par Marvin Gaye -, le voici soupçonné de s’être inspiré d’une autre composition du roi de la soul, "Ain’t that Peculiar" sorti en 1965, pour créer son méga tube "Happy".

Ce sont des vidéos postées sur YouTube qui ont mis la puce à l’oreille aux héritiers de Marvin Gaye. Si ceux-ci n’ont pas annoncé leur intention de lancer une nouvelle procédure judiciaire - celle concernant "Blurred Lines" ayant duré de longs mois - ils n’ont pas manqué de faire savoir que la ressemblance était pour le moins troublante. Un règlement à l’amiable sur la base du verdict tombé cette semaine, et qui leur rapporte plus de 7 millions de dollars, n’est donc pas à exclure.

Le verdict intervenu le 10 mars n’inquiète pas uniquement Pharrell Williams. C’est tout un pan de l’industrie musicale qui peut aujourd’hui se faire du mouron, ont fait savoir les défenseurs du rappeur condamné. Ce verdict est pour eux un fâcheux précédent de nature à brider la créativité des artistes qui auraient voulu s’inspirer de titres précédemment écrits.

Une vision dépassée de la musique

Une analyse que partage Jon Caramanica du "New York Times". Dans un article publié mercredi, il dénonce la méthode avec laquelle le jury a été amené à déterminer s’il y avait plagiat ou non. Ce dernier s’est basé sur une partition et sur l’avis d’un critique. Une procédure qui ignore manifestement comment les chansons sont écrites et produites de nos jours, dénonce le journaliste. "En 2015, les arrangements écrits sur une partition figurent parmi les éléments les moins significatifs pour la création en matière de musique pop […] Il y a des choses indicibles qu’une partition statique ne peut pas capturer." Aux yeux de Jon Caramanica, le verdict concernant "Blurred Lines" symbolise une vision dépassée de la musique.