Haring, une invitation sonore au voyage

Derrière ce pseudonyme qui fait référence à l’artiste américain Keith Haring, se cache un diamant brut. Le jeune Montois Haring incarne la nouvelle génération de musiciens: ils s’autoproduisent et ils maitrisent parfaitement leur communication grâce aux réseaux sociaux.

Margot Delevaux
Haring, une invitation sonore au voyage
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Derrière le pseudonyme Haring, référence à l’artiste américain Keith Haring, se cache un jeune Montois de 23 ans dont la musique a su séduire la prestigieuse maison de couture française Dior. La marque a choisi son titre "Us" pour son nouveau spot publicitaire. La beauté magnétique du mannequin tchèque Eva Herzigova est associée à la signature sonore planante du Belge.

Haring fait partie de la nouvelle génération de musiciens, ceux qui s’autoproduisent et maîtrisent parfaitement leur communication grâce aux réseaux sociaux. Ces artistes 2.0 trouvent aussi le temps de suivre des études universitaires. Autonomes, ils peuvent créer facilement depuis leur chambre, un espace aménagé pour composer et où personne ne fait irruption. La "Bedroom studio" de Haring ne déroge pas à la règle; il y règne en solitaire, maîtrisant le processus de création de A à Z.

Une douceur électrisante

La porte de la chambre de Haring s’ouvre et nous pénétrons dans un monde où la musique dicte l’espace. Les instruments ont envahi l’intimité du jeune homme. Notre regard se pose sur quelques bizarreries : un xylophone, un clavier de piano de la taille d’une flûte ou encore une sanza, un "piano à pouces" venu tout droit d’Afrique. Sur les murs, une grande affiche de Gainsbourg, au sol une valise rouge qui a bien vécu. Haring est toujours prêt à mettre les voiles. Les voyages du jeune Montois sont à découvrir dans ses sons et son univers visuel. Son voyage en Argentine a déterminé le titre de son deuxième EP : "Dust Above Mountains".

Haring qualifie son monde de "chaleureux, coloré et onirique". Il s’inspire des artistes confirmés comme Gold Panda, Rone ou encore Tycho, pour n’en citer que quelques-uns. Sa musique s’apparente à un mélange d’electronica, de chill wave et de minimal. Des beats lancinants et des voix proches de la lounge music. Mais il est primordial de souligner la capacité de ce créateur sonore à générer des émotions en dehors de tout cadre prédéfini.

De belles opportunités

Haring est une éponge. Il s’approprie les beautés de notre monde pour les mettre ensuite en musique. Un appel à une évasion voluptueuse et aérienne. Tout simplement planant. Les montées sont jouissives et enrobées de rythmes finement introduits. Il nous entraîne aussi loin que notre imaginaire le permet. Sa fibre musicale est un diamant brut qui ne demande qu’à être taillé. Cette valeur, Haring la porte dans son talent mais ne dispose pas des moyens financiers suffisants pour sortir un album, s’acheter du nouveau matériel ou encore diffuser sa musique à grande échelle. La plateforme de financement participatif Kisskissbankbank est venue d’initiative à sa rescousse. Elle a lancé un appel aux dons pour aider le musicien. Grâce à son talent, de belles opportunités se sont présentées à Haring. Le réalisateur Sélim Khemissi, séduit par l’univers sonore de l’artiste, s’est spontanément proposé pour tourner le clip de "Us".

Haring aspire à un avenir musical riche et sans concessions. A ses yeux, "la scène électronique bruxelloise reste à construire". Il entend le faire en compagnie de la nouvelle vague de jeunes producteurs/musiciens de la capitale : Le Motel, Ulysse, Yellow Straps ou encore DC Salas.